•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les années lumière

Avec Sophie-Andrée Blondin

Le dimanche de 12 h 10 à 14 h
(en rediffusion le dimanche suivant à 4 h)

Les matières résiduelles du Grand Nord, un grand défi

Une montagne de déchets, de ferrailles et de contenants variés encombre l'avant-plan d'un vaste paysage qui descend vers une rivière.

Chacun des 14 villages nordiques du Nunavik dispose d'un lieu d'enfouissement à ciel ouvert comme celui-ci, à Salluit. La fumée qui s'échappe des matières qui brûlent pose parfois problème.

Photo : Claude Desrochers, Administration régionale Kativik

Assurer la gestion des déchets, le tri et le transport des matières recyclables dans un vaste territoire atteignable uniquement par avion ou par bateau : c'est le défi des 14 villages du Nunavik. Gino Harel résume l'état des lieux.

On les appelle lieux d’enfouissement en milieu nordique, ou LEMN. Chaque village du Nunavik a le sien. C’est là que les matières résiduelles et autres déchets y sont transportés depuis des années pour y être brûlés.

Un vaste champ aride, délimité par un large carré tracé par une route, est recouvert de déchets de toutes sortes. L'image est captée de loin, du haut des airs.

Vue aérienne du lieu d'enfouissement en milieu nordique de Kangiqsujuaq, au Nunavik

Photo : Claude Desrochers, Administration régionale Kativik

Les villages nordiques doivent brûler toutes ces matières afin d’éviter qu’elles s’accumulent à la surface du sol. En effet, le pergélisol du Grand Nord rend impraticable toute solution d’enfouissement.

Or les choses s’améliorent petit à petit. En 2015, l’Administration régionale Kativik (ARK), qui assure plusieurs services techniques pour les communautés du Nunavik, a mis en place un plan de gestion des matières résiduelles pour tout le territoire. L’ARK espère notamment trouver des moyens d’acheminer davantage de matières recyclables vers le sud du Québec.

Des déchets, matériaux et contenants de toutes sortent s'étalent sur des dizaines de mètres, non loin d'une rivière nordique.

L'encombrement du lieu d'enfouissement du village nordique de Tasiujaq permet de constater la variété des matériaux secs et autres déchets qui y sont déposés.

Photo : Gaëlle Baïlon-Poujol, Administration régionale Kativik

Au cours des dernières années, ce plan a aussi permis la prise en charge de matières résiduelles dangereuses ainsi qu'une meilleure gestion des résidus de construction, de démolition et de rénovation. Une grande quantité de pneus et de canettes a aussi pu être récupérée. Les responsables du plan souhaitent maintenant trouver le financement nécessaire à la réalisation de nombreux autres projets, comme du compostage et l’aménagement d’écocentres qui seraient jumelés à des ressourceries.

À Schefferville, le dossier des matières résiduelles a débloqué depuis trois ans. Les gestionnaires de la ville, en collaboration avec ceux de la Nation naspakie de Kawawachikamach et de la Nation innue de Matimekush-Lac John, ont trouvé le financement nécessaire à la réalisation d'un grand nombre de projets.

Dans un grand espace recouvert de gravier, à ciel ouvert, sont aménagés des sites de dépôt de matériaux secs. Des entrepôts aux allures de conteneurs en acier se trouvent aussi tout près.

Le nouvel écocentre Tricomm, à Schefferville, permet d'assurer une meilleure gestion des matières recyclables et des déchets des trois communautés locales.

Photo : Écocentre Tricomm

Ils ont notamment construit un nouvel écocentre, réaménagé le lieu d’enfouissement local et clôturé leur site de ferraille pour en améliorer la sécurité. Les trois communautés qui cohabitent dans la région assument conjointement la responsabilité du dossier des matières résiduelles.

La Chaire de recherche en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi a aussi été mise à contribution dans ce dossier. En 2017, elle a notamment produit un rapport pour le gouvernement du Québec sur la gestion des matières résiduelles en milieu nordique, un document qui fournissait divers outils aux communautés isolées des réseaux routiers.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi