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Microbes gobe-fer et vieux mystères

Les années lumière

Avec Sophie-Andrée Blondin

Le dimanche de 12 h 10 à 14 h
(en rediffusion le dimanche suivant à 4 h)

Microbes gobe-fer et vieux mystères

Gisement de fer rubané, dont on voit les différentes strates.

Gisement de fer rubané, dont les strates se sont formées il y a quelque trois milliards d'annéess.

Photo : getty images/istockphoto / mikeuk

Des scientifiques ont découvert, dans le grand lac Kivu, situé en Afrique, une bactérie qui « respire du fer » de manière inouïe. Sa façon unique de rejeter de la rouille solide et de s'en détacher peut expliquer deux grands mystères de la jeune Terre d'il y a trois milliards d'années.

Les scientifiques ont publié leurs travaux dans Science Advances. Ils et elles y expliquent avoir identifié ces microbes photoferrotrophes, c’est-à-dire qui font de la photosynthèse en absorbant le fer dissous dans l’eau – comme les plantes le font, elles, en utilisant le carbone de l’air.

Contrairement aux autres bactéries qui agissent de même, celles-là se détachent de la rouille solide qu’elles rejettent dans l’opération. On trouve donc là une explication possible à deux grandes questions qui tarabustent les chercheurs et chercheuses depuis longtemps.

D’abord, le mystère de l’origine des grands gisements de fer rubanés, qu’on exploite aujourd’hui. On tient maintenant le mécanisme biologique capable d’avoir créé ces dépôts dénués de matière organique, qu'on n'arrivait pas à expliquer.

Le microbe qui a permis l’apparition de la vie complexe

Cette capacité spéciale des bactéries à rester dans la colonne d’eau – au lieu de couler au fond, lestées par leur lourde rouille – permet aussi de comprendre ce qui a pu nourrir d’autres microbes qui libéraient, eux, du méthane.

Cela pourrait être la clé d’un autre grand mystère : le paradoxe dit du « jeune soleil faible ».

Il y a trois milliards d’années en effet, le soleil réchauffait si peu la Terre que les océans auraient dû être complètement glacés. Or, si la vie complexe a pu s’y développer, c’est que ces derniers étaient manifestement liquides...

Des scientifiques ont avancé, il y a quelques années déjà, que cela pourrait s’expliquer par un important effet de serre, capable de retenir assez de chaleur dans l’atmosphère de la planète bleue. On se demande toutefois d’où les gaz permettant cet effet pouvaient bien venir.

Les modèles des scientifiques montrent que le mécanisme de digestion du fer identifié chez leurs bactéries aurait bien pu fournir la biomasse nécessaire, dans les océans, à la production d’une quantité suffisante de méthane pour garder la planète au chaud et les océans liquides.

Et pour permettre à la vie d’y connaître l’explosion qui a mené, tôt ou tard, à notre apparition.

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