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Animatrice Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 16 juin 2019

Régime spécial pour les oursins

Publié le

Un oursin dans une main.
Un oursin nourri avec la moulée à base d’algues développée par le professeur Patrick Gagnon.   Photo : Radio-Canada / Jean François Bouthillette

À Terre-Neuve, on rêve de créer richesse et emplois en exploitant l'abondance d'oursins qui se trouvent autour de l'île. Pour que cette pêche soit rentable, cependant, il faudra trouver un moyen de rehausser la quantité et la qualité des gonades que les oursins verts canadiens produisent. Un défi qu'un biologiste est en voie de relever.

Les gonades de l’oursin, sorte de caviar dont on raffole en Chine et au Japon, se vendent à prix d’or sur les marchés alors que la demande croît et que les stocks mondiaux déclinent en raison de la surpêche.

Le professeur Patrick Gagnon dans un laboratoire avec des aquariums
Le professeur Patrick Gagnon, au centre des sciences océaniques de l'Université Memorial, à Terre-Neuve Photo : Radio-Canada/Jean François Bouthillette

À Terre-Neuve, où les oursins verts sont partout, on a flairé la bonne affaire. Or ces oursins canadiens produisent des gonades en quantités si inégales que cette pêche n’a pas pu être rentable jusqu’ici.

Pour résoudre le problème, le professeur Patrick Gagnon, chercheur au centre des sciences océaniques de l’Université Memorial, dans cette même province, utilise une moulée à base d’algues, faite sur mesure pour favoriser l’épanouissement des oursins.

Un oursin disséqué
Ce sont les gonades de l'oursin, ici en forme d'étoile, qui sont très prisées en Asie. Photo : Radio-Canada/Jean François Bouthillette

Avec son équipe, il a démontré que quelques semaines de ce régime spécial suffisent à doper la production de gonades chez ces animaux. Le hic, c’est que ces abondantes gonades avaient un goût amer et une couleur brune peu ragoûtante...

Le biologiste en est à ajuster les concentrations de vitamines et d’acides aminés de sa moulée pour faire en sorte d’obtenir le délice orangé et sucré que les amateurs recherchent – et pour lequel ils sont prêts à payer une fortune.

Si l’expérience est concluante, elle pourrait permettre de propulser une nouvelle industrie, mais aussi de gérer les stocks plus judicieusement, sans mettre en danger l’équilibre de l’écosystème.

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