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Concombre de mer en cavale

Les années lumière

Avec Sophie-Andrée Blondin

Le dimanche de 12 h 10 à 14 h
(en rediffusion le dimanche suivant à 4 h)

Concombre de mer en cavale

Audio fil du dimanche 14 avril 2019
Un concombre de mer

L’animal se gorge d’eau. À la dissection, on voit bien son arbre respiratoire gonflé.

Photo : Radio-Canada / Jean François Bouthillette

On a longtemps cru que le concombre de mer était un champion de la sédentarité, un être passif aux ambitions limitées... On était convaincu que cet animal étrange, bien fixé au fond de l'océan par ses centaines de petites ventouses, restait en place toute sa vie.

Un concombre de merAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans la main du biologiste Jean-François Hamel, un concombre stressé par une eau trouble se gonfle pour voyager. Il peut peser jusqu’à cinq fois plus lourd que son congénère au repos, à l’arrière plan. Or, dans l’eau, sa flottabilité est plus grande.

Photo : Radio-Canada / Jean François Bouthillette

Or, on avait tout faux! À partir d'observations intrigantes– qui leur ont mis la puce à l'oreille–, puis d'expériences dans leur laboratoire de Terre-Neuve, les biologistes Annie Mercier et Jean-François Hamel viennent de révéler au monde que le concombre, s'il est stressé, est capable de se transformer et de chevaucher les courants sur des centaines de kilomètres!

S’ils sont trop nombreux au même endroit, ou que l’eau devient trouble ou trop douce pour eux, les concombres arrivent en effet à s’enfuir.

Leurs podia, les centaines de petites pattes à ventouses grâce auxquelles ils s’agrippent au fond, lâchent prise. Ils aspirent toute l’eau qu’ils peuvent, ce qui maximise leur flottabilité. Au moindre courant, à la moindre turbulence, ils sont emportés – et peuvent ainsi trouver un emplacement plus accueillant.

Cette découverte a été publiée dans le Journal of Animal Ecology en janvier dernier. Un article qui a fait grand bruit au sein de la communauté scientifique.

Un concombre de mer disséqué. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L’animal se gorge d’eau. À la dissection, on voit bien son arbre respiratoire gonflé.

Photo : Radio-Canada / Jean François Bouthillette

Le constat force à revoir tout ce qu’on croyait savoir au sujet non seulement de l’écologie de l’espèce, mais aussi de l’évaluation de ses populations.

C’est peut-être aussi une capacité inconnue jusqu’ici de nombreux organismes benthiques, comme les anémones ou les étoiles de mer.

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