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Animatrice Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 31 mars 2019

La position assise : nouvel ennemi de la santé publique?

Publié le

Jeune couple qui texte, assis sur un divan.
Alors qu’une étude démontre que le fait d’être fréquemment assis a des conséquences sur la santé, le pire comportement sédentaire demeure celui passé devant un écran.   Photo : getty images/istockphoto / LightFieldStudios

Une majorité de Canadiens passent de nombreuses heures cloués à leur chaise, et ce, tous les jours. Or, une telle position prolongée, sans interruption, comporte des risques pour la santé. Une étude qui vient d'être publiée par des chercheurs britanniques en vient à la conclusion que les coûts attribuables à la position assise s'élèvent à 1,4 milliard de dollars pour l'année 2016-2017 au Royaume-Uni.

À leur avis, si on parvenait à éliminer cette mauvaise habitude, on aurait pu sauver près de 50 000 vies cette année-là. « On nous encourage à faire de l’exercice. Mais il faut aussi mettre l’accent sur le nombre d’heures passées en position assise. Si vous passez trop de temps assis, vous êtes à risque de développer certaines maladies », explique l’auteure principale de l’étude, Leonie Heron, de l’Université Queen’s, à Belfast.

Sédentarité vs inactivité : deux concepts distincts
Ce qui se trouve au cœur de l’étude de la chercheuse Leonie Heron, c’est le concept de sédentarité, c’est-à-dire un état durant lequel on brûle très peu de calories, soit 1,5 MET (le MET est un étalon servant à mesurer l’intensité d’une activité) ou moins pour une période variant entre 6 et 8 heures par jour. On parle ici de la position assise, inclinée ou allongée en état d’éveil.

En revanche, le concept d’inactivité fait référence à moins de 30 minutes par jour d’activité physique de modérée à vigoureuse pour un adulte.

Une personne peut donc être à la fois sédentaire et inactive ou sédentaire et active, ou encore non sédentaire et active, le meilleur des scénarios.

Les effets sur le corps de la sédentarité
La position assise adoptée pendant de longues heures a des conséquences sur le corps humain, qui est conçu pour bouger. Par exemple, elle nuit à la circulation du sang vers les muscles et peut entraîner la formation de caillots. La position assise a aussi des effets sur les os. « Un os, ça vit, oui, par le flux sanguin, mais aussi par les pressions, les compressions qu’on applique sur l’os. Si on n’a pas ces compressions-là, l’os perd de ses qualités et se dégrade », explique François Prince, kinésiologue et professeur titulaire au Département de chirurgie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Les scientifiques constatent un lien entre la position assise prolongée, la sédentarité et certaines maladies. « C’est tout le corps en entier qui devient un peu moins performant chez la personne qui est longuement sédentaire. Et aujourd’hui, on est en mesure d’associer ça avec le risque de certains problèmes de santé, comme les maladies cardiaques et le diabète », précise Angelo Tremblay, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en environnement et bilan énergétique de l’Université Laval et spécialiste de l’obésité.

Des solutions?
Les experts estiment qu’il faut se lever le plus souvent possible de sa chaise. Mais la science n’est pour l'instant pas en mesure de dire précisément à quelle fréquence. Faut-il se lever aux 30 minutes ou aux 60 minutes? On ne le sait pas encore, souligne Mark Tremblay, directeur de l'Institut de recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité du Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario et l’un des précurseurs dans l’étude de la position assise.

Il ajoute que des recommandations concernant la position assise, élaborées par la Société canadienne de physiologie de l'exercice (en collaboration avec l’Agence de santé publique du Canada), seront publiées d’ici un an et demi.

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