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Animatrice Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 10 février 2019

Donner une seconde vie au verre

Publié le

Une bouteille de verre devant une montagne d'objet à recycler.
Les derniers chiffres de Recyc-Québec indiquent que 86 % du verre récupéré au Québec n'est pas réutilisé.   Photo : Radio-Canada

Alors que le secteur du recyclage – tant du papier que du verre – est en crise, le Québec se demande toujours que faire de tout le verre qui n'est pas réutilisé. Contrairement à ce qui se fait chez deux de ses voisins, soit l'Ontario et le Nouveau-Brunswick, la Société des alcools du Québec (SAQ) n'a pas encore implanté de consigne de bouteilles de vin et autres alcools. Mais cette dernière est-elle la solution à cette sous-valorisation du verre au Québec?

Les derniers chiffres de Recyc-Québec indiquent que seulement 14 % du verre récupéré dans le cadre de la collecte sélective est réutilisé ou revalorisé. Ainsi, 86 % du verre récupéré au Québec n'a pas de deuxième vocation. En fait, une petite partie est utilisée dans les lieux d'enfouissement pour recouvrir les déchets. Du verre contaminé, qui n'aurait de toute façon aucun autre débouché.

Mais pour Nicholas Chevalier, qui est titulaire d'une maîtrise en environnement de l'Université de Sherbrooke et qui travaille actuellement à l'organisme VertCité, dans l'arrondissement de Saint-Laurent, le Québec traverse actuellement une crise du verre. Cette crise aurait commencé en 2013, selon lui, lors de la fermeture de l'entreprise Klareco, à Longueuil, qui traitait le verre récupéré pour pouvoir le rendre réutilisable. Pendant ce temps, une entreprise montréalaise réutilisant le verre usagé, Owens-Illinois, en achète du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario.

En attendant qu'une décision soit prise quant à savoir si la SAQ doit implanter la consigne de ses bouteilles, on fait quand même quelque chose avec ce verre au Québec.

Concernant le béton, on a même déclaré une norme pour utiliser la poudre de verre comme ajout cimentaire. Ces travaux de recherche sont dirigés notamment par Arezki Tagnit-Hamou, qui est professeur à l'Université de Sherbrooke, titulaire de la Chaire SAQ de valorisation du verre dans les matériaux et directeur du groupe de recherche sur le ciment et le béton de cette université. « C'est la première fois depuis 40 ans qu'on a obtenu un nouveau matériau cimentaire; ce n'est pas rien », dit-il. L'avantage de cette technologie, c'est que la poudre de verre peut être fabriquée à même différents types de verre.

Pour ce qui est du bitume, les travaux, plus récents, ont été menés à l'École de technologie supérieure (ÉTS), à Montréal, un établissement d'enseignement membre du réseau de l'Université du Québec. Michel Vaillancourt, qui est ingénieur, professeur à l'ÉTS en génie de la construction et spécialiste de la chaussée, soutient qu'il faut trouver un bon équilibre dans le type de verre à ajouter au bitume ou encore à la fondation des chaussées. Mais l'expert fait remarquer que ce verre réduit en concassé est le concurrent du gravier, qui, lui, est très bon marché.

Quant à savoir si la consigne est une bonne option pour récupérer et réutiliser le verre en vue de le valoriser ensuite, les points de vue varient. Le chercheur Nicholas Chevalier croit que la consigne fonctionne, prenant pour exemple celle des bouteilles de bière au Québec ainsi que les expériences qui ont cours chez nos voisins. Michel Vaillancourt, de l'ÉTS, n'en est pas aussi convaincu, mais ce spécialiste du réemploi du verre indique que si on parvient à le convaincre, il ne s'opposerait pas a priori à la consigne des bouteilles.

Du côté de Recyc-Québec, l'organisme s'attend à recevoir de nouvelles données sur la revalorisation du verre, qui pourraient démontrer une augmentation du taux de réutilisation du verre. Ces chiffres pourraient éventuellement amener le gouvernement du Québec à prendre position dans le débat sur la consigne.

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