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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 19 août 2018

Les animaux peuvent-ils vivre un deuil?

Publié le

Une orque qui transporte la carcasse de son petit sur son nez
La mère J-35 a été aperçue en train de balancer la dépouille de son petit sur son nez durant au moins sept jours.   Photo : Ken Balcomb/Centre for Whale Research

Une femelle épaulard sur la côte ouest du Canada a récemment transporté son petit, mort, pendant des jours. Ce comportement hors du commun a fasciné les médias et la population : plusieurs articles ont laissé entendre que la femelle vivait un deuil et qu'elle refusait d'abandonner son bébé. Mais un animal peut-il réellement être endeuillé? Que nous dit la science sur la question?

Le spécialiste du comportement animal Luc-Alain Giraldeau rappelle que la lecture du scientifique doit se limiter aux faits. Bien qu’une telle persévérance étonne de nombreux spécialistes des orques, le comportement de monter le museau du petit à la surface afin qu’il respire est répandu chez tous les cétacés.

Pourquoi une telle persévérance?

La sélection naturelle a généralisé ce comportement : ce sont les femelles qui réussissent à gardent leur petit à la surface qui auront une descendance. Selon l’éthologue, « il n’y a pas un mécanisme précis qui va dire à la mère : bon, maintenant tu dois arrêter. Le mécanisme qu’elle a, elle, c’est de persévérer ».

Les comportements des animaux sont très variables : pensons aux différentes personnalités de nos animaux domestiques. Pour cette femelle orque, la persévérance serait un trait de personnalité.

Le deuil et les animaux

L’éthologue croit qu’on peut considérer que la femelle orque était certainement animée par une émotion ainsi que par une pulsion de garder son petit à la surface. Mais a-t-elle réellement éprouvé un deuil, qui impliquerait une grande conscience de la mort chez l’orque?

Ce qui pose problème pour Luc-Alain Giraldeau, c’est de nommer ce genre de sentiment avec des termes qui réfèrent aux émotions humaines :

Ce que cette femelle pense ou ressent est du domaine du mystère. On sait que ces comportements existent, qu’ils sont accompagnés d’émotions, mais on ne sait pas les pensées ou l’état mental de l’animal qui les ressent.

Luc-Alain Giraldeau, éthologue et directeur général de l’Institut national de la recherche scientifique

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