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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 18 février 2018

Conciliation science-famille : le casse-tête

Publié le

La vie n'est jamais simple quand on veut concilier carrière exigeante et famille. Mais le monde de la recherche au Canada rend cette gymnastique particulièrement difficile. Exigences, longues heures, compétition effrénée pour le financement de la recherche : la pression est immense. Les attentes, aussi, semblent fondées sur une époque où le financement était plus accessible – et où les chercheurs comptaient souvent sur l'aide d'un conjoint à la maison.

On est dans une culture de performance [issue d’un contexte différent, où les femmes étaient souvent à la maison]. Aujourd’hui, c’est plus partagé, ce qui fait que c’est un problème de parentalité et non seulement de maternité.

Eve Langelier, professeure de génie à l’Université de Sherbrooke

Avoir des enfants et s’investir dans sa vie familiale sont-ils davantage mal vus en recherche que dans d’autres milieux professionnels exigeants? Oui, croit la chercheuse Madeleine Durand, qui attend son quatrième enfant.

[Mes chefs de recherche m’ont dit] : "Tu sais, on n’a rien contre ça, les congés de maternité... mais ce n’est pas une raison pour être moins productive!" C’est là que j’ai vraiment compris. La famille, c’est correct; tu fais ce que tu veux dans tes temps libres : du bowling, des bonsaïs… La chose importante, c’est que nous, on ne s’en rende pas compte.

Madeleine Durand, chercheuse spécialisée en VIH au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM)

Cette pression, longtemps taboue, est davantage nommée aujourd’hui. Par exemple, la conseillère scientifique en chef du Canada, Mona Nemer, s’en préoccupe très ouvertement.

Ça nous coûte énormément comme société. Parce que ça nous prive des meilleurs cerveaux, des fois. [...] On décourage les jeunes, on décourage la relève. Ça, c’est quelque chose qui va coûter très cher. 

Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada

Pour Eve Langelier, professeure de génie à l’Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire pour les femmes en science et en génie au Québec, cela contribue à limiter l’accès des femmes à des emplois en science. Si ces dernières sont aussi nombreuses que les hommes aux cycles supérieurs, elles continuent d’être moins présentes dans les postes en enseignement.

Certaines solutions s’installent, par exemple au sein des organismes subventionnaires fédéraux, qui offrent des congés parentaux et une certaine flexibilité aux jeunes parents afin qu’ils ne soient pas pénalisés.

Marie-Ève Desroches, étudiante au doctorat en études urbaines à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), a pu prendre un congé parental grâce aux politiques en ce sens du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Tout le monde n’a pas accès à une telle chance, précise-t-elle : plusieurs jeunes chercheurs ne peuvent s’arrêter qu’à même leurs propres économies.

Le gros problème, c’est que toute la pression est mise sur les épaules du chercheur, avec le peu de financement qu’on a. [...] Moi, je voudrais dans mon lab offrir des congés de paternité et de maternité, mais c’est tellement difficile d’aller chercher de l’argent que la marge de manœuvre est super mince. 

Alexis Vallée-Bélisle, professeur au Département de chimie de l’Université de Montréal

Invités :

Eve Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en science et en génie au Québec de l’Université de Sherbrooke
Alexis Vallée-Bélisle, professeur au Département de chimie de l’Université de Montréal
Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada
Madeleine Durand, interniste au CRCHUM
Michel Paquette, doctorant en géographie à l’Université de Montréal
Jesseca Paquette, candidate à la maîtrise en paléoarchéologie à l’Université de Montréal
Marie-Ève Desroches, doctorante en études urbaines à l’INRS, à Québec

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