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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 31 décembre 2017

Les hommes préhistoriques et la viande

Publié le

Des hommes préhistoriques chassent un mammouth
Contrairement à la croyance populaire, on observe que la majorité des groupes ont diversifié leur diète assez tôt dans la préhistoire.   Photo : getty images/istockphoto / estt

Est-il vrai que les premiers humains consommaient majoritairement de la viande? Peut-on affirmer que notre espèce a développé un cerveau volumineux grâce à une diète carnée? La paléoanthropologue Michelle Drapeau aborde certains clichés au sujet de l'alimentation préhistorique.

C’est un mythe de penser que les chasseurs-cueilleurs étaient de gros chasseurs qui mangeaient quelques petits légumes ici et là quand ils ne trouvaient pas de quoi chasser. On réalise qu’il y avait beaucoup de variations dans leur diète.

Michelle Drapeau, paléoanthropologue et professeure au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal

La genèse de l’omnivore en nous
À l’époque de la célèbre australopithèque Lucy, il y a environ trois millions d’années, les hominidés avaient fort probablement une diète végétale, affirme Michelle Drapeau. Cependant, des archéologues ont découvert des traces de coupes sur des os faites par certains hominidés qui ont vécu peu après, il y a 2,5 millions d’années.

La paléoanthropologue soutient que les diètes de type omnivore, qui se caractérisent par la variété des sources d’énergie, auraient permis aux premiers humains de tirer leur épingle du jeu. Si certains groupes qui habitaient des régions nordiques consommaient plus de viande, on observe que la majorité des populations qui vivaient dans les zones méridionales ont diversifié leur alimentation assez tôt dans la préhistoire.

L’environnement dans lequel les premiers humains ont évolué était le premier facteur qui déterminait ce qu’ils allaient manger, beaucoup plus que leur morphologie ou leurs préférences. 

Michelle Drapeau, paléoanthropologue et professeure au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal

La consommation de viande a-t-elle contribué à l’évolution de notre cerveau?
Une hypothèse répandue sur l’évolution de notre espèce suggère que la consommation de viande aurait permis un accroissement rapide du cerveau, ce dernier étant l’organe de notre corps qui consomme le plus d’énergie. Michelle Drapeau affirme que les dernières découvertes donnent à penser que c’est plutôt la diète variée, impliquant la culture et l’élevage, qui a permis à l’humain de remplir des besoins énergétiques plus grands pour soutenir le développement de son cerveau.

On peut avoir des caractéristiques avantageuses, mais il faut les soutenir. C’est là que la diète avantageuse de l’humain va permettre à l’espèce de développer des cerveaux plus gros.

Michelle Drapeau, paléoanthropologue et professeure au département d’anthropologie de l’Université de Montréal

La paléoanthropologue note qu’un cercle vertueux s’installe dès lors : plus la diète diversifiée de l’humain lui permettra d’évoluer, plus son intelligence l’amènera à trouver de nouvelles façons de s’approvisionner.

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