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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 30 avril 2017

La sombre histoire de la thalidomide, cause de malformations du fœtus

Publié le

Un petit garçon victime de la thalidomide dans les années 1960
Un petit garçon victime de la thalidomide dans les années 1960   Photo : Getty Images / Getty Images/Keystone

La tragédie mondiale causée au début des années 1960 par la thalidomide, un médicament, a été particulièrement ressentie au Canada. C'est que la substance a pris quelques mois de plus ici qu'ailleurs avant de disparaître des tablettes, raconte le Dr Jean Cusson, professeur agrégé au Département de médecine de l'Université de Sherbrooke.

Mise au point en Allemagne de l’Ouest, la thalidomide a d’abord été vue comme un médicament miracle, doté d’effets sédatifs et antinausées. Elle a donc été donnée aux femmes enceintes, sans qu’on sache que seulement deux comprimés consommés entre le 30et le 50jour de vie de l’embryon pouvaient bloquer le processus de développement des membres de celui-ci.

L’échographie n’existait pas à l’époque, si bien que ce n’est qu’à la naissance qu’on a constaté « la catastrophe », pour reprendre les termes du Dr Cusson : des malformations majeures du bébé, comme des membres manquants ou des mains et des pieds attachés directement au tronc. Partout dans le monde, on dénombre de 10 000 à 20 000 décès et un grand nombre de victimes qui vivent encore aujourd’hui « avec beaucoup de difficulté ».

Le Canada en retard
En Angleterre et en Allemagne, entre autres, la thalidomide a été interdite en décembre 1961, dans le mois qui a suivi la découverte du problème. De ce côté-ci de l’Atlantique, la réaction n’est venue que trois mois plus tard, entre autres à cause de la réticence des médecins et des associations médicales de bannir une substance aussi utile et bénéfique. « On a aussi été très en retard dans les compensations pour les victimes », déplore Jean Cusson.

Frances Oldham Kelsey dans une entrevue sur les défis à évaluer la sécurité des médicaments
Frances Oldham Kelsey dans une entrevue sur les défis à évaluer la sécurité des médicaments   Photo : CBC/Radio-Canada

Aux États-Unis, la thalidomide n’a jamais été approuvée par la Food and Drug Association. C’est la vigilance d’une Canadienne, Frances Oldham Kelsey, chargée du processus de révision des dossiers, qui a grandement contribué à éviter ce drame aux Américains.

Elle trouvait fantastique qu’un médicament n’ait pas d’effets secondaires. Elle a toujours demandé des preuves, qui ne sont jamais venues.

Le Dr Jean Cusson

Un avancement pour la pharmacovigilance
Le seul point positif de cet épisode traumatisant, c’est les avancées qu’il a engendrées dans les démarches d’approbation des médicaments à l'international. « Maintenant, on a plein d’études pour tester la toxicité sur les embryons, rappelle l’invité. […] Malheureusement, comme dans bien d’autres choses, c’est un drame qui a réveillé les gens. »

Jusqu’en juin, l’émission Les années lumière présente chaque semaine les moments marquants et les personnages importants de la science au Canada, dans une série spéciale célébrant les 150 ans de la Confédération. Retrouvez l'ensemble des entrevues ici.

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