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L'anorexie, un mal psychologique et métabolique

Les années lumière

Avec Sophie-Andrée Blondin

Le dimanche de 12 h 10 à 14 h
(en rediffusion le dimanche suivant à 4 h)

L'anorexie, un mal psychologique et métabolique

Audio fil du dimanche 21 juillet 2019
Une femme et un pèse-personne.

Environ 275 000 Canadiennes souffriront de boulimie au cours de leur vie.

Photo : Getty Images / Tero Vesalainen

L'anorexie est un mal qu'on associe à un trouble de l'image corporelle et dont les causes, très complexes, sont toujours mal comprises. Or une équipe de chercheurs internationaux ont publié une étude qui suggère que ce mal est non seulement psychologique, mais qu'il serait aussi lié à la génétique et au métabolisme du corps.

L’étude, parue dans la revue Nature Genetics, contient les données de 72 000 personnes, dont 17 000 étaient atteintes d’anorexie.

En analysant le génome des participants, les chercheurs ont montré une corrélation entre huit régions du génome et ce trouble alimentaire.

Certains des gènes identifiés jouent un rôle dans l’anxiété et la dépression, mais la surprise vient de gènes liés au métabolisme, tels que le contrôle de l’insuline, le tissu adipeux, le cholestérol et même l’activité physique.

Ce ne sont pas toutes les personnes atteintes qui vont exprimer ces gènes, mais l’étude confirme le résultat de précédents travaux, lesquels montrent que de 50 à 60 % des traits liés à l’anorexie nerveuse peuvent être associés à la variation génétique entre des personnes.

La découverte pousse les chercheurs à affirmer qu’on ne peut plus considérer cette maladie – qui touche entre 1 et 4 % des femmes et 0,3 % des hommes – comme purement psychologique.

Une première étape
L’étude n’explique pas le lien qui unit ces gènes au déroulement de l’anorexie nerveuse, et pour plusieurs chercheurs, celle-ci apporte surtout des questions : de tels gènes peuvent-ils être des facteurs de risque? Pourraient-ils servir d’éléments déclencheurs? Une rémission est-elle plus difficile à atteindre pour les porteurs?

En attendant les réponses, les chercheurs croient que ces résultats pourraient aider les personnes atteintes à mieux faire face au sentiment de culpabilité qui accompagne leur situation lorsqu’elles tentent de se sortir de l’anorexie et qu'elles n’en sont pas capables.

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