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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 17 mars 2019

Y a-t-il (toujours) un pilote dans l'avion?

Publié le

Un pilote dans son cockpit.
Les pilotes d’avion doivent apprendre à déléguer leurs tâches aux systèmes automatisés, tout en les surveillant attentivement.   Photo : getty images/istockphoto / g-stockstudio

Le deuxième écrasement d'un Boeing 737 Max 8 a cloué au sol ce type d'appareil, suscitant de nombreuses questions sur les systèmes automatisés utilisés par les pilotes d'avion. Pendant un vol, est-il souhaitable que des mains humaines ne soient sur les commandes que pour une durée de 440 secondes en moyenne? La formation des pilotes est-elle adaptée à l'environnement hyper automatisé des nouveaux avions?

Nous vous proposons ici une discussion portant sur les systèmes automatisés utilisés en aviation civile. De récents événements tragiques en sont certes le point de départ, mais nous ne souhaitons en aucun cas spéculer sur les causes précises de ces accidents, lesquelles seront établies au dénouement des enquêtes qui suivent ce type d’événement.

Un avion Boeing 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Iar attend sur le tarmac d'un aéroport, près de Jakarta.
Des similarités ont été soulevées entre la tragédie d'Ethiopian Airlines et celle de Lion Air, en octobre, dans la trajectoire des avions qui se sont tous deux écrasés quelques minutes après le décollage. Photo : Reuters/Willy Kurniawan

De pilote à pilote automatique
Les systèmes automatisés prêtent main-forte aux pilotes d’avion depuis 60 ans. Au départ, un système basique maintenait l’aéronef dans la direction mise en place par le pilote. Maintenant, les pilotes automatiques ont évolué au point de prévoir l'avenir et de parer aux erreurs humaines.

En améliorant ces technologies d’automatisation, le bilan de sécurité de l’aviation civile s’est nettement amélioré : on compte 4 fois moins d’accidents qu’il y a 30 ans.

Le décrochage, c’est catastrophique. C’est normal qu’on ait des dispositifs qui nous empêchent de [décrocher]. Ce n’est pas récent, ça! Ce qui est nouveau dans [le cas du Boeing 737 Max 8], c’est que le nouvel algorithme n’est peut-être pas aussi perfectionné qu’on l’aurait pensé.

Jean Laroche, directeur de la recherche et du développement au Centre québécois de formation en aéronautique (CQFA)

D’autres avantages donnent à penser que l’automatisation des avions est là pour rester. En plus de réduire le bilan des victimes, les systèmes qui contrôlent la puissance des moteurs permettent des économies considérables de carburant.

Qui a le dernier mot?
Le spécialiste de la formation des pilotes souligne que ces derniers ne doivent pas être au repos pendant que les systèmes sont à l’œuvre. Il s’agit de réapprendre au pilote à déléguer ses tâches de façon active pour qu’il surveille attentivement ce qui se passe avec son appareil.

Selon Jean Laroche, l’état du pilote dont les tâches sont gérées par des systèmes automatisés est l'un de ceux où ce professionnel est le moins apte à fonctionner correctement. Il faut donc enseigner au pilote à rester vigilant, ce qui est tout un défi. Les formateurs enseignent notamment au pilote à développer certaines réactions contre-intuitives : par exemple, il est amené à réagir calmement lorsqu’un voyant s’allume dans la cabine de pilotage afin de prendre la bonne décision.

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