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Ce que la science connaît des injections de vitamine C

Les années lumière

Avec Sophie-Andrée Blondin

Le dimanche de 12 h 10 à 14 h
(en rediffusion le dimanche suivant à 4 h)

Ce que la science connaît des injections de vitamine C

Audio fil du dimanche 10 mars 2019
Une seringue dans des oranges, pour symboliser la vitamine C et les injections.

Certaines personnes reçoivent des injections massives de vitamine C en affirmant que ces dernières réduisent les effets négatifs de la chimiothérapie.

Photo : getty images/istockphoto / Buenaventuramariano

L'oncologue Martin Champagne souhaite que le Collège des médecins et l'Ordre des pharmaciens du Québec intervienne dans le débat entourant les injections de vitamine C en informant la population au sujet de son utilisation. S'il se dit empathique envers les patients qui souhaitent réduire les effets secondaires de la chimiothérapie, il rappelle néanmoins qu'aucune étude valable ne confirme que ce traitement controversé est bénéfique. Il profite de l'occasion pour nous expliquer les étapes à franchir avant de conclure à l'efficacité d'un médicament.

Les effets de la vitamine C sur les personnes atteintes d'un cancer intéressent la communauté oncologique depuis les années 70. Alors que certains chercheurs ont souhaité y trouver des vertus antinéoplasiques (anticancer), d’autres ont étudié la possibilité que le caractère antioxydant de la vitamine C diminue les effets secondaires de la chimiothérapie.

Comment évalue-t-on un médicament?
Les chercheurs qui souhaitent tester l’efficacité d’un médicament prometteur doivent soumettre ce dernier à trois phases d’étude avant de pouvoir conclure à son efficacité :

Phase 1 : Évaluation des effets toxiques du médicament. Quelques patients sont mis sous protocole.
Phase 2 : Évaluation du bénéfice que le médicament peut apporter à une cohorte de patients.
Phase 3 : Étude de grande envergure à laquelle participent des centaines – voire des milliers – de patients. Les chercheurs peuvent ainsi évaluer les bénéfices du médicament, son profil d’innocuité ainsi que les toxicités qui lui sont associées, et ce, à grande échelle.

Les injections de vitamine C et la démonstration scientifique
Martin Champagne, qui préside l'Association des médecins hématologues et oncologues du Québec, affirme qu’il est possible que les propriétés antioxydantes de la vitamine C contribuent à diminuer certains effets de la chimiothérapie, mais qu’aucune étude valable n'en fait la preuve. Des études de faisabilité équivalentes à la phase 2 et n'ayant pas suscité un vif engouement au sein de la communauté des oncologues existent certes, mais aucune étude de phase 3 évaluant les bénéfices et la toxicité des injections de vitamine C sur une large cohorte ne permet à l'oncologue de soutenir ce traitement.

Une étude, c’est fait de façon rigoureuse : on évalue des patients comparables, on compare à un traitement standard ou à un placebo. Et là, [grâce aux] évaluations ponctuelles des paramètres biologiques et des paramètres d'imagerie, on est en mesure d'évaluer l'efficacité et le profil toxique [du médicament].

Martin Champagne, oncologue et président de l'Association des médecins hématologues et oncologues du Québec
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