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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 26 août 2018

La bulle de gaz géante qui a fait 1800 morts

Publié le

L'eau brune du lac Nyos, entourée de falaises et de végétation.
Situé près d'un volcan, le lac Nyos a pris des teintes brunes le jour de la catastrophe. En 1986, il a libéré l'équivalent de près de cent millions de mètres cubes de dioxyde de carbone (CO2), causant la mort d'environ 1800 personnes, selon les estimations.   Photo : iStock / Fabian Plock

Un phénomène tragique et mystérieux d'origine naturelle s'est produit au Cameroun il y a plus de 30 ans. Au matin du 21 août 1986, dans un rayon de 25 kilomètres autour du lac Nyos, les corps de plus de 1000 personnes ont été découverts. Une bonne partie du bétail de la zone gisait aussi au sol.

Il a fallu plusieurs mois à la communauté scientifique pour comprendre qu’il s’agissait d’une éruption limnique : une bulle de gaz carbonique s’était formée sous le lac, provoquant une vague de 25 mètres de haut et l’asphyxie de centaines de résidents du secteur.

Les végétaux, non seulement ne sont pas tués, mais ils y trouvent encore plus de vigueur. Donc, la végétation était resplendissante, et tout le reste était mort, silencieux. C’était tout de même très dramatique.

Un scientifique qui s’est rendu dans la région quelques jours après le drame, lors d’une entrevue à l’émission « Le Point » du 3 septembre 1986 à Radio-Canada

Le lac étant dans une région volcanique, plusieurs failles ont permis au gaz carbonique de remonter dans le sol et de déboucher éventuellement au fond du lac.

Par endroits, le lac Nyos a atteint 210 mètres de profondeur, et cette masse d'eau a généré une pression 21 fois plus élevée qu'à la surface, ce qui a maintenu le gaz dissous au fond du lac.

Un phénomène rare unique aux lacs sous l’équateur

Les régions situées sous le parallèle de l’équateur ont des températures plus stables qu’ailleurs, ce qui maintient la température de l’eau de surface des lacs à des niveaux plus constants. Dans les hémisphères nord et sud, le mouvement des eaux provoqué par les changements de température permet à l’eau de surface de descendre vers le fonds, et à l’eau du fond de remonter à la surface en libérant petit à petit le dioxyde de carbone (CO2) accumulé.

Au lac Nyos, le CO2 a été piégé dans les profondeurs, où il s’est accumulé pendant des siècles. L’éruption aurait été causée par un glissement de terrain alors qu’un pan complet d'une des collines entourant le lac s'est détaché et a coulé jusqu'au fond, suppose-t-on.

Cela aurait poussé les eaux de fond – chargées en gaz carbonique dissous – vers la surface, où la pression est plus faible. Le dioxyde de carbone est alors redevenu gazeux d’un seul coup, ce qui a fait exploser le lac.

Une solution facile et efficace pour libérer le gaz carbonique

Aujourd’hui, des chercheurs ont mis au point des techniques simples et efficaces pour libérer le gaz carbonique accumulé au fond des lacs (comme le lac Nyos). Ils installent des tuyaux qui se rendent jusqu'au fond et pompent l’eau vers la surface.

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