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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 5 novembre 2017

Une solution au réchauffement climatique qui tue de jeunes pêcheurs

Publié le

Des pêcheurs en bateau entrent dans la baie de Saint-Louis, au Sénégal.
La pêche est la deuxième plus grande production économique du Sénégal.   Photo : Getty Images / Salvador-Aznar

Les populations côtières de Saint-Louis du Sénégal sont aux premières loges de la hausse du niveau de l'océan Atlantique. Pour contrer l'engloutissement de l'île, en 2003, des scientifiques ont conseillé aux autorités de creuser une brèche de 10 m dans la Langue de Barbarie. Depuis, la brèche s'est élargie pour atteindre 12 km, et des centaines de jeunes pêcheurs y ont péri.

L’un des problèmes éthiques que l’on retrouve [à chaque convention internationale sur le climat], c’est la question de la justice. Comment aider les populations qui sont en première ligne des problèmes, qui sont pauvres et qui ne sont pas responsables des changements climatiques?

Marie-Hélène Parizeau, philosophe et présidente de la Commission mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et des technologies de l’UNESCO (COMEST)

La Langue de Barbarie est l’étroite péninsule d’une longueur d’environ 30 km qui sépare le fleuve Sénégal de l’océan Atlantique. C’est là que les autorités ont creusé la brèche en 2003, à 7 km de la ville de Saint-Louis.

Image satellite de la Langue de Barbarie
Image satellite de la Langue de Barbarie.   Photo : Google Earth

La brèche s’est tellement élargie qu’un bras du fleuve Sénégal s’engouffre maintenant dans l’océan. Un village est déjà englouti. Les jeunes pêcheurs de 15 à 27 ans n’ont d’autre choix que d’emprunter cette dangereuse voie avec leurs pirogues. Difficile de leur demander de changer de secteur d’activités, la pêche étant la deuxième plus importante production économique du pays. On dénombre 240 victimes depuis 2003.

Des solutions à la crise?
La philosophe Marie-Hélène Parizeau, qui a visité l’île en mai dernier dans le cadre de ses fonctions à l’UNESCO, nous raconte que les autorités cherchent maintenant des solutions technologiques à cette crise environnementale et sociale en consultant de nombreux scientifiques sur la scène internationale. Les solutions proposées vont de la délocalisation des populations à la construction de digues temporaires.

Une solution technique ne peut pas régler à elle seule un problème complexe dont on ne connaît pas tous les paramètres et qui est évolutif

Marie-Hélène Parizeau, présidente de la COMEST

Marie-Hélène Parizeau souligne que les solutions les plus titanesques ne sont pas les plus adaptées aux populations locales. Un professeur de biologie a suggéré de reboiser les mangroves pour retenir le sable et la terre, alors qu’un ingénieur en hydraulique a proposé de construire des villages sur pilotis, notamment.

Ces solutions techniques doivent s’accompagner de solutions sociales, qui exigent des dialogues avec toutes les parties prenantes. Lors de leur visite à Saint-Louis, les membres de la COMEST ont tenté d’impliquer tous les acteurs de la société. Pour la première fois, les groupes de femmes, les organisations de pêcheurs, les autorités religieuses et les différents ordres de gouvernement ont enfin commencé à se parler, raconte la philosophe.

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