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Animatrice Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 18 juin 2017

Les cyclistes en ville, les plus exposés à la pollution

Publié le

L'équipe de Philippe Apparicio a réalisé une  cinquantaine de trajets dans les rues de Montréal pour réaliser son étude.
L'équipe de Philippe Apparicio a réalisé une cinquantaine de trajets dans les rues de Montréal pour réaliser son étude.   Photo : Gophrette Power

Philippe Apparicio, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'équité environnementale et la ville à l'Institut national de recherche scientifique, vient de publier, avec son équipe, une étude consacrée à l'exposition aux polluants atmosphériques et sonores selon le mode de transport, soit le vélo, l'automobile et les transports en commun. Chantal Srivastava, journaliste scientifique et cyclojournaliste pour l'occasion, a pu constater la situation en se promenant dans les rues de Montréal.

Trois à quatre fois plus d’air pollué inhalé en vélo qu’en voiture
Philippe Apparicio roule léger pour mener à bien ses recherches, mais il traîne pourtant avec lui une multitude d’outils : un capteur de dioxyde d’azote (NO2) pour mesurer la pollution de l’air, un sonomètre pour mesurer le niveau sonore, une montre de triathlon avec géolocalisation, et un t-shirt biométrique pour calculer la quantité d’air inhalé par le cycliste pendant son trajet. Avec les enseignements qu’ils ont tirés de ces données, son équipe et lui viennent de faire paraître une étude dans laquelle ils notent l’exposition aux polluants selon le mode de transport utilisé, soit les transports en commun, la voiture et le vélo.

Une partie de l'équipement des chercheurs de l'équipe de Philippe Apparicio, dont le sonomètre à droite de l'image.
Une partie de l'équipement des chercheurs de l'équipe de Philippe Apparicio, dont le sonomètre à droite de l'image.   Photo : Gophrette Power

Pour un trajet de 45 minutes réalisé aux heures de pointe, plus précisément à 8 h et à 17 h, les mesures des capteurs des chercheurs montrent qu’un cycliste inhale quatre fois plus d’air pollué qu’un automobiliste. À Montréal, les niveaux de pollution sont bien inférieurs aux normes de l’Organisation mondiale de la santé. Selon Philippe Apparicio, les bénéfices du vélo pour la santé surclassent donc très largement les problèmes liés à la pollution.

Quant à l’exposition au bruit, c’est l’utilisateur des transports en commun qui est le plus touché, en raison du métro. L’équipe de recherche a aussi constaté que pour les trajets de 45 minutes réalisés au cours de l’étude, la voiture n’est pas le mode de transport le plus rapide, comparativement au vélo ou aux transports en commun.

Aux grands axes les grands remèdes
À Montréal, l’équipe de Philippe Apparicio a effectué 90 trajets à vélo totalisant une cinquantaine d’heures sur la selle. Sans surprise, ce sont les plus grands axes urbains qui sont les plus polluants sur le plan sonore ou de la qualité de l’air : Papineau, Saint-Denis, Saint-Laurent, et Sherbrooke, notamment. Au coin des rues Papineau et Rachel, dans l’est de Montréal, le niveau sonore monte à 80 décibels, ce qui est bien au-dessus du seuil considéré comme nuisible, qui commence à 55.

De gauche à droite : l'étudiante Stéphanie Potvin, le chercheur Philippe Apparicio, et la journaliste Chantal Srivastava
De gauche à droite : l'étudiante Stéphanie Potvin, le chercheur Philippe Apparicio, et la journaliste Chantal Srivastava Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Selon lui, avant d’aménager une piste cyclable, il faudrait d’abord prendre des mesures pour connaître les niveaux de pollution et de bruit afin de déterminer s’ils y sont trop élevés. Pour l’instant, précise-t-il, cette pratique n’existe nulle part, sauf aux Pays-Bas.

Des crises d’asthme à Mexico
« Maintenant qu’on a développé la technologie, on fait des séjours dans différentes villes. Au Mexique, à Saigon, à Paris. On espère aller à Oakland l’année prochaine », explique Philippe Apparicio.

À Mexico, où les seuils de NO2 dans l’air sont très élevés (200 µg/m3), des membres de l’équipe de Philippe Apparicio ont subi quelques crises d’asthme. Le chercheur s’envolera prochainement au Vietnam, où la qualité de l’air risque selon lui d’être pire qu’au Mexique, car beaucoup de scooters et cyclomoteurs y circulent, et ces véhicules dégagent beaucoup de particules fines.

Références :
Comparaison de l'exposition individuelle aux pollutions atmosphérique et sonore à Montréal selon le mode de transport utilisé, Laboratoire d'équité environnementale, INRS, 2017

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