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À quoi s'attendre si on double les concentrations de&nbsp;CO<sub>2</sub>?

Les années lumière

Avec Sophie-Andrée Blondin

Le dimanche de 12 h 10 à 14 h
(en rediffusion le dimanche suivant à 4 h)

À quoi s'attendre si on double les concentrations de CO2?

De la fumée s'échappe de deux cheminées.

Le Canada a créé une taxe carbone dans le cadre de sa lutte contre les gaz à effet de serre.

Photo : Reuters / Peter Andrews

Depuis 40 ans, les chercheurs spécialistes du climat se butent à une question en apparence toute simple : si on double la concentration de gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère par rapport aux niveaux préindustriels, à quel point la température augmentera-t-elle?

La réponse à cette interrogation a peu changé en quatre décennies : on parle d’une hausse variant entre 1,5 et 4,5 degrés Celsius en moyenne.

Or, pour la première fois, une équipe de 25 chercheurs du Programme mondial de recherche sur le climat a réussi à diminuer l'incertitude entourant la sensibilité du climat.

Après quatre ans de travaux, ces spécialistes ont produit un rapport de 166 pages paru dans la revue Reviews of Geophysics, dans lequel ils avancent un nouvel intervalle : si on double les concentrations de CO2, les températures augmenteront de 2,6 à 4,1 degrés Celsius.

Pour en arriver à ces nouveaux chiffres, les scientifiques ont combiné des informations provenant de trois grandes sources. Tout d'abord : les observations directes sur les liens entre la température et les concentrations de CO2 depuis les années 1800.

Il y a aussi ce que l'on sait des effets de boucles de rétroaction, des phénomènes qui apparaissent avec la hausse des températures et qui peuvent s’autoamplifier, comme la fonte des glaces ou la concentration de vapeurs d’eau.

Finalement, ils ont aussi observé les données géologiques liées aux variations climatiques importantes survenues à travers les millénaires.

De telles données suggèrent qu’il est maintenant presque impossible que les scénarios où les hausses de température restent inférieures à 2 degrés si rien n’est fait se concrétisent (moins de 5 % de probabilités), tandis que les risques d’un scénario catastrophe, où les températures passeraient au-dessus de 4,5 degrés Celsius, varient entre 6 et 18 %.

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