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Dépression : une affaire de biologie ou de psychologie?

Les années lumière

Avec Sophie-Andrée Blondin

Le dimanche de 12 h 10 à 14 h
(en rediffusion le dimanche suivant à 4 h)

Dépression : une affaire de biologie ou de psychologie?

Une femme assise par terre dans le noir.

Cette nouvelle étude montre que la consommation de fruits et légumes peut protéger de la dépression.

Photo : iStock

Les médecins estiment que la dépression est la cause la plus importante d'incapacité. En collaboration avec le magazine Québec Science, l'équipe des Années lumière s'est rendue au bar Le temps d'une pinte, à Trois-Rivières, pour faire un vaste état des lieux de cette maladie universelle et complexe.

Presque tout le monde connaît quelqu’un qui a déjà fait une dépression. Pourtant, la stigmatisation, et même l’autostigmatisation, reste bien présente. Les avancées scientifiques contribuent heureusement à défaire certaines idées préconçues de cette maladie pourtant universelle.

Y a-t-il des causes biologiques qui expliqueraient, par exemple, que les femmes font plus de dépression que les hommes? C’est un champ d’études encore récent, mais on sait que les causes de dépression diffèrent aussi d’un individu à l’autre. Mélissa Guillemette, journaliste à Québec Science, confirme que plusieurs équipes dans le monde entier ont trouvé des biomarqueurs chez certains groupes. Pour un individu, ça se complique. De plus, même si plusieurs biomarqueurs sont identifiables, c’est du côté de la psychiatrie qu’il reste beaucoup de travail à faire.

La biologie derrière la maladie

La dépression est un débalancement chimique du cerveau : voilà l’idée la plus répandue sur le sujet. Toutefois, plus cette maladie est étudiée par les scientifiques, plus on se rend compte de sa complexité. Tout le corps est affecté, donc les méthodes de mesure évoluent constamment.

On espère que d’ici quelques années, on arrivera enfin à lier nos connaissances en neurosciences avec les connaissances cliniques chez les patients.

Bruno Giros

Il n’y a pas non plus une seule sorte de dépression : l’intensité et la sévérité de la dépression diffèrent d’un individu à l’autre. Bruno Giros, chercheur en psychiatrie à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas et professeur au Département de psychiatrie de l'Université McGill, indique que le pourcentage de cas de dépression n’a pas tant progressé, mais que le stress est un des facteurs déclencheurs de la dépression. Et dans la société actuelle, les stress s’additionnent. Des chercheurs étudient à ce propos les mécanismes de la dépression chez les souris. Certaines cherchent à s’adapter à un stress ou à en sortir, alors que d’autres s’isolent.

Les pistes de solutions : répit, méditation et médication

Caroline Ménard, chercheuse et professeure au Département de psychiatrie et de neurosciences de l’Université Laval ainsi que spécialiste du lien entre le stress et la dépression, explique que le cerveau a besoin de répit. En cette ère numérique, on voit aussi une multitude d’applications visant à aider à gérer la dépression, même si elles ne sont pas du tout scientifiquement reconnues.

Georgia Vrakas, psychologue clinicienne et professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), confirme aussi qu’il faut trouver des solutions adaptées au patient. Qu’est-ce qui a fonctionné pour lui par le passé? Bruno Giros, lui, prône aussi les bienfaits de la méditation pour calmer le cerveau. Bruno Giros compte sur les neurosciences dans les années à venir pour modifier les déséquilibres du cerveau.


Alcool, drogue… qu'en est-il de la dépendance?

Plusieurs personnes ont recours à la consommation pour compenser leur état dépressif. Même une souris stressée, par exemple, s’administre plus de drogue en situation de stress, si elle y a accès.

Certaines idées préconçues persistent toujours, par exemple un préjugé sur l’utilisation permanente des antidépresseurs ou sur cette notion inexacte que les personnes en situation de survie n’ont pas le temps de faire une dépression (ce que Bruno Giros contredit, exemple à l’appui).

Il reste du chemin à faire, autant scientifiquement et socialement, mais ce Bar des sciences confirme que les connaissances sur la maladie et la perception qu’on en a évoluent.

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