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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 17 mars 2019

AZT : il y a 32 ans, une première bouée de sauvetage contre le VIH

Publié le

Illustration du VIH
Illustration du VIH.   Photo : iStock

Le 20 mars 1987, le premier médicament contre le VIH, l'AZT, était commercialisé. Si la maladie est maintenant contrôlable, voire guérissable, dans les années 80, son diagnostic était l'équivalent d'une peine de mort. Renaud Manuguerra propose un retour sur l'histoire de ce médicament, une véritable bouée de sauvetage dans la crise du VIH.

Seulement 20 mois séparent la première observation d’effets de l'AZT et son approbation par la Food and Drug Administration (FDA). En temps normal, les délais d'approbation sont de 5 à 10 ans. La crise du VIH était si forte qu’il fallait agir rapidement.

Selon n'importe quel standard pharmaceutique, l'AZT n'aurait pas dû être approuvé aussi rapidement. Il y avait plusieurs failles dans les études, et il restait beaucoup d'incertitudes sur la sécurité et l'efficacité à long terme du produit.

Renaud Manuguerra

Malgré ces problèmes, le médicament est approuvé par les autorités, motivées par le fait que c’était la toute première fois qu’une substance avait un effet contre le virus.

« L'AZT était le symbole qu'on pouvait trouver une solution contre le VIH », indique-t-il.

Les débuts du virus

Une série de décès liés à des infections inhabituelles met la puce à l’oreille aux médecins dans les années 80. En quelques années, des patients voient leur système immunitaire ravagé par la maladie. La phase sida (phase la plus avancée de la maladie) est déclenchée, et n'importe quel microbe peut devenir une menace.

On croit alors à des formes rares de cancers qui affecteraient d’abord les communautés homosexuelles, puis les utilisateurs de drogues injectables avant de s’étendre à la population en général.

Pouvez-vous imaginer comment on se sent d'avoir perdu une vingtaine d'amis en quelques mois, sans cause ni traitement? C'est une communauté très en colère.

Renaud Manuguerra

Même si le virus a été identifié en 1983, déjà, en 1985, des millions de personnes sont infectées par le VIH, et des dizaines de milliers de décès sont constatés. Dans ses recherches, la compagnie pharmaceutique Burroughs Wellcome met le doigt sur l’AZT, une molécule développée dans les années 60 agissant comme un médicament anticancéreux. Le produit n’éradique toutefois pas le virus, mais il semble être capable de ralentir sa progression.

Les tests sur des humains sont lancés dès juillet 1985. La première phase de tests sur une vingtaine de personnes infectées dévoile des effets secondaires sévères, mais jugés acceptables.

C’est à la seconde phase que ça se précise. Sur 300 personnes en phase sida, la moitié reçoit l’AZT, et l’autre, un placebo. Au deux tiers de l’étude, tout est arrêté. Dix-neuf morts sont répertoriées du côté du placebo, contre un seul du côté de l’AZT.

« La FDA accepte ces résultats, et le 19 mars 1987, l'AZT devient le premier médicament contre le VIH », indique Manuguerra.

L’influence du médicament sur l’épidémie

Le médicament ne répond pas aux attentes. La durée de vie des patients utilisant l’AZT n’est prolongée que d’une année. Les frais exorbitants du médicament, pouvant atteindre 12 000 $ par année, ajoutent à la colère. Et c’est sans mentionner le manque de disponibilité du médicament, favorisant le trafic de la substance.

La situation reste difficile jusqu'aux années 90, lorsque la découverte de médicaments ciblant d'autres étapes dans le cycle de vie du VIH permet de contrôler la maladie.

De nos jours, une quarantaine de médicaments moins toxiques existent sur le marché. Or, seulement 59 % des malades ont accès à cette médication. La durée de vie des personnes infectées est presque équivalente à une durée de vie normale. Le virus a jusqu’ici infecté 70 millions de personnes, et 37 millions de personnes en sont mortes.

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