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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 10 février 2019

Flotter dans l'espace avec un réacteur dorsal (jetpack)

Publié le

Un astronaute dans le vide de l'espace.
Équipé d’un réacteur dorsal permettant de manœuvrer dans le vide de l’espace, l’Américain Bruce McCandless s'est éloigné à une centaine de mètres de la navette Challenger sans y être attaché, en 1984.   Photo : NASA

« C'était peut-être un petit pas pour Neil, mais c'est un énorme bond en avant pour moi », a dit l'astronaute de la NASA Bruce McCandless, qui, le 10 février 1984, est devenu le premier humain à flotter librement dans l'espace sans câble de sécurité. Renaud Manuguerra-Gagné revient sur le périple de celui qui s'est éloigné à 100 mètres de la navette Challenger.

La prouesse a pu être réalisée grâce à un appareil qui a 35 ans cette année : le jetpack, un réacteur dorsal dont le vrai nom est Manned Maneuvering Unit (MMU). Ce dernier était fixé au dos de l'astronaute pour lui permettre de se déplacer seul dans le vide de l'espace.

L'astronaute Bruce McCandless dans l'espace.
L'astronaute Bruce McCandless.   Photo : NASA

Fusée humaine
Bruce McCandless a flotté à une distance d'environ 100 mètres, devenant alors le premier satellite humain de l'histoire. Au total, il testera l'appareil pendant quatre heures, demeurant toujours vis-à-vis la navette Challenger – ils avançaient à la même vitesse et tournaient autour de la terre à 29 000 km/h.

L'événement a réussi à captiver le grand public, comme au temps des dernières missions sur la Lune. Le vol a été suivi sur les grandes chaînes américaines et a même été couronné par un échange téléphonique diffusé en direct sur CNN entre le président américain de l'époque, Ronald Reagan, et l'astronaute Bruce McCandless en orbite.

Pas uniquement une compétition
Les sorties en réacteur dorsal deviendront utilitaires : une forme d'entraînement; un test de matériel pour une éventuelle mission habitée sur la Lune; une solution pour les travaux de maintenance sur les véhicules spatiaux et les stations orbitales, comme la Station spatiale internationale... Chaque fois, les sorties étaient considérées comme des moments de haut risque.

Mais même après des années d'entraînement, quand on se retrouve dans l'espace, les risques sont énormes. Des débris spatiaux peuvent percer la combinaison, tandis que les changements de pression représentent des dangers potentiels pour les astronautes, tout comme les coups de chaleur, l'épuisement ou l'exposition aux radiations.
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Le risque qui frappe l'imaginaire demeure néanmoins la dérive. Dans l'espace, l'absence de gravité et le vide ne donnent aucune possibilité à l'astronaute de se donner un élan. S'il lâche prise et qu'il commence à dévier, il n'aura aucun moyen pour lui de se rattraper. Voilà pourquoi on attache les astronautes avec des câbles à la navette ou la station spatiale. Or, avec l'arrivée des navettes, la NASA a utilisé le réacteur dorsal pour permettre aux astronautes de travailler de façon autonome.

La sécurité avant tout
Toutefois, l'appareil ne sera plus utilisé par la suite. La décision a été prise après la destruction de la navette Challenger, qui a explosé au décollage, le 28 janvier 1986, tuant les sept membres de l'équipage.

Par la suite, la NASA a resserré toutes ses règles et même sa vision d'ensemble quant à la sécurité des astronautes. Le MMU ne répondait plus aux nouveaux standards.

Sa technologie a par contre été améliorée pour mettre au point un nouveau réacteur dorsal, dont l'acronyme est SAFER (« sécuritaire » en anglais). Cet appareil est beaucoup plus petit et sert de système d'urgence advenant le cas où les astronautes de la station spatiale perdent pied lors de leurs sorties dans l'espace. Il n'a cependant jamais été utilisé jusqu'à maintenant.

Depuis, des entreprises tentent de relancer la technologie pour aider les astronautes lors d'éventuelles missions vers des astéroïdes, mais aucun prototype n'a quitté les laboratoires à ce jour.

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