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Sophie-Andrée Blondin
Audio fil du dimanche 3 février 2019

Si le polygraphe ne détecte pas les mensonges... que détecte-t-il?

Publié le

Résultats d'un polygraphe avec des menottes sur le dessus.
Même s'il est utilisé dans de nombreuses séries policières, le polygraphe n'est pas admis en cour criminelle au Canada.   Photo : getty images/istockphoto / fudfoto

Le polygraphe, aussi appelé « détecteur de mensonges », vole la vedette dans de nombreux films et téléséries. Si son utilisation frappe l'imaginaire, l'appareil est loin de faire consensus : depuis son invention, de nombreux chercheurs mettent en doute sa crédibilité. Renaud Manuguerra-Gagné s'attarde à l'histoire et à la mécanique de cet outil contesté, qui soulève les passions.

Le 2 février 1935 marque la première utilisation en cour du polygraphe. À l’époque, deux hommes sont accusés d’avoir tenté d’assassiner un policier au Wisconsin. Les preuves contre eux sont circonstancielles et le procès n’avance pas. Toutefois, le juge responsable de l’affaire entend parler d’un appareil capable de trancher si les accusés mentent ou non.

La poursuite ainsi que la défense acceptent de l’utiliser. Le test détermine que les deux hommes mentent. L’exercice convainc le jury, qui les reconnaît coupables.

Fiabilité
Malgré cet épisode victorieux, le polygraphe sera par la suite considéré comme peu fiable. L’outil ne sera jamais accepté comme élément de preuve, comme c’est le cas pour l’ADN, par exemple.

Le problème, c’est que cet appareil ne détecte pas le mensonge : il reconnaît plutôt le niveau de stress. Or, déterminer hors de tout doute les origines d’un stress s’avère complexe, car on peut ressentir ce dernier pour de multiples raisons.

L'installation

  • Le polygraphiste passe des tubes extensibles autour du torse de la personne interrogée afin de mesurer le rythme de sa respiration.
  • Il lui installe un brassard autour du bras, pour suivre son rythme cardiaque.
  • Il lui place des électrodes sur les doigts, pour mesurer la transpiration.

Un détecteur de mensonges?
Notre peau est parcourue d’infimes courants électriques modulés par le système nerveux autonome. Quand on transpire, l’eau augmente cette conductivité. Ainsi, la mesure de ces changements permet d’évaluer la transpiration et donc le stress.

En mesurant comment ces signes varient selon les questions posées lors d’un interrogatoire, on évalue si une personne ment. Cette évaluation ne peut cependant être considérée comme une vérité absolue. C'est pourquoi l'American Psychological Association ne reconnaît pas la fiabilité du polygraphe.

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