•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le matin du Nord

Avec Martine Laberge

En semaine de 6 h à 9 h

Art autochtone : la ligne fine d'un non-autochtone

Rattrapage du jeudi 10 septembre 2020
7ee28007c9fc46afb69766e046bbe88b

Clermont Duval

Photo : Radio-Canada / Frederic Projean

Comment intégrer une culture qui n'est pas la nôtre à notre art, sans froisser les peuples concernés ? C'est la fine ligne que tente de respecter l'artiste visuel franco-ontarien Clermont Duval, depuis le tout début de sa carrière.

D'entrée de jeu, l'artiste-peintre de Mattawa l'admet : il ne compte aucune racine autochtone.

Pourtant, les symboles chers aux premiers peuples dominent ses oeuvres : canot d'écorce, costumes traditionnels, animaux de la nature, etc.

Ils sont parsemés dans ses tableaux et ses bandes dessinées depuis maintenant plus de 40 ans.

Clermont Duval rappelle que l'écriture des peuples des premières nations était historiquement composée de dessins et de symboles.

C'est de cette façon qu'ils racontaient leurs histoires, souligne-t-il.

Ils acceptent beaucoup mes tableaux. C'est très rare que des gens me disent que je fais de l'appropriation. Je ne m'approprie pas de leur style : je m'approprie un peu de leur culture, dans mes tableaux.

Clermont Duval, artiste
a82c59dc0db7463b8b85eb6d8d2128b0

Clermont Duval

Photo : Radio-Canada / Frederic Projean

Respect

Tout de même soucieux de ne pas vouloir provoquer les susceptibilités, l'artiste qui possède sa galerie à Mattawa, prend bien soin de ne pas reproduire fidèlement les motifs traditionnels par exemple. Il y va plutôt de ses propres créations avec entre autres ses canots en trois dimensions uniques, qui font sa renommée.

Et quand le doute prend le dessus pour ses tableaux plus critiques, il peut compter sur l'opinion de quelques amis et artistes autochtones, dont peintre Frank Polson, un algonquin de la communauté de Long Point First Nation, dans le Témiscamingue québécois.

La Galerie Clermont Duval a dû fermer ses portes pendant plusieurs semaines au début de la pandémie.

Ce qui aura permis à l'artiste franco-ontarien de s'inspirer de la nature qui l'entoure pour produire une nouvelle série de toiles intitulées Marcher avec la nature.

C'est l'ambiance que j'essaie de créer : l'acceptation de la nature, de l'humain, de la nature qui accepte l'humain, et pas de l'humain qui accepte la nature.

Clermont Duval, artiste
Des loups marchent avec un personnage autochtone, peints par Clermont Duval.

Une des plus récentes toiles de Clermont Duval, à sa galerie de Mattawa.

Photo : Radio-Canada / Frederic Projean

Nouvelle bande dessinée

En plus de ses toiles, Clermont Duval a quelques projets en tête.

L'artiste revient notamment à ses racines, à sa passion première de raconter des histoires, avec une bande dessinée déjà toute prête dont la sortie a été retardée à l'an prochain en raison de la crise sanitaire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi