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« Free Range Kids » : donner plus d'autonomie à nos enfants

Le matin du Nord

Avec Martine Laberge

En semaine de 6 h à 9 h

« Free Range Kids » : donner plus d'autonomie à nos enfants

Audio fil du lundi 16 avril 2018
Des enfants jouant à l'extérieur

Des enfants jouant à l'extérieur

Photo : iStock

Le mouvement Free Range Kids, ou le parentage autonomisant, savez-vous ce que c'est?

Selon ce mouvement, les enfants ont besoin de plus de liberté pour explorer le monde et découvrir les choses par eux même.

Cette liberté leur permettrait d’acquérir de l’autonomie et des compétences en résolution de problèmes.

Le mois dernier, le gouverneur de l'État du Utah, aux États-Unis, a promulgué un projet de loi sur ce concept qui modifie la définition de négligence. Ce projet entrera en vigueur le mois prochain et sera une loi unique aux États-Unis.

Pourquoi devrait-on autonomiser davantage nos jeunes?

Pour en savoir davantage, nous avons invité Daniel Barrette, le directeur général de Rainbow Routes, à Sudbury, et Pierre Harrison, fondateur de l’organisme Play Learn Think et président du volet canadien de l’Association internationale pour le jeu, pour participer à une table ronde à ce sujet.

Ces deux invités apprécient grandement ce mouvement qui voudrait accroître l'autonomie chez les jeunes.

Selon Pierre Harrison, c’est une méthode de parentage qui aide les jeunes à savoir comment prendre des décisions et qui développe leur résilience.

Il indique que des études aux États-Unis ont démontré que dans les dernières décennies, le jeu libre chez les enfants a diminué et qu’il y a une corrélation avec une augmentation des cas de dépression, d’anxiété ou de suicide chez les jeunes.

Des exemples concrets

Pour l’organisme responsable du réseau de sentiers pédestres Rainbow Routes, le mouvement se manifeste dans le projet Aventures actives vers l’école, qui veut encourager les jeunes à se rendre à l’école à pied ou à vélo.

Pour le directeur général Daniel Barrette, c’est un mouvement qui gagne en importance dans sa vie familiale aussi.

Daniel Barrette dans les studios de Radio-Canada à SudburyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Daniel Barrette

Photo : Radio-Canada

C’était la fête de ma petite fille en fin de semaine, et j’ai découvert qu’on avait besoin d’activités pour les parents. Parce que les enfants s’amusaient, mais comme parent on s’introduit trop dans leurs jeux des fois.

Daniel Barrette, père de famille et directeur général de l’organisme Rainbow Routes dans le Grand Sudbury

Selon nos invités, les chances qu’un enfant se fasse enlever seraient à peu près égales à celles d’être atteint par la foudre.

Comment la société a-t-elle changé?

Selon Pierre Harrison, deux lobbies importants ont poussé à augmenter la surveillance des enfants : la santé et la sécurité ainsi que les attentes mesurables.

Le but aurait été de bien préparer les enfants en encourageant de meilleures performances scolaires.

Mais selon lui, pour bien préparer les jeunes à leur avenir, il vaut mieux les laisser vivre et ne pas chercher à trop structurer leur quotidien.

C’est quand ils structurent leurs propres jeux et leur propre exploration de leur monde, c’est là qu’ils vont acquérir les compétences, les habiletés, la confiance, l’estime de soi, tout ce qui va leur servir comme adultes.

Pierre Harrison, fondateur de l’organisme Play Learn Think et président du volet canadien de l’Association internationale pour le jeu

La peur de l’autre

Selon nos invités, ce qui fait que les parents hésitent le plus à autonomiser leurs jeunes, ce n’est pas seulement la peur de ce qui pourrait arriver à leur enfant, mais aussi la réaction des proches ou des voisins.

Pierre Harrison a donné de nombreuses formations à ce sujet un peu partout au Canada et a souvent entendu cet argument.

Trois enfants qui sautent en l'airAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Enfants qui bougent

Photo : iStock

« Il y a plusieurs parents qui me disent : “J’aimerais ça faire ça, mais j’ai peur de ce que les gens vont faire et de ce qu’ils vont dire” », explique-t-il.

La solution, selon lui : l’éducation de la population.

Il croit d'ailleurs que si on protège trop nos enfants, on leur nuit parce qu’ils ne seront pas prêts à faire face au monde ou à bien évaluer des risques, ce qui pourrait devenir bien dangereux.

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