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Audio fil du mercredi 16 mai 2018

Chronique historique  :  les 50 ans du Voyageur

Publié le

Des copies du journal Le Voyageur, portant des dates en mai 2018.
Quelques numéro du volume 50 du journal Le Voyageur   Photo : Radio-Canada

Pour sa chronique historique, Serge Miville raconte 50 années d'histoire du journal Le Voyageur.

Exister pendant 50 ans, c’est impressionnant pour un journal hebdomadaire en milieu minoritaire.

C’est ce que le Voyageur célèbre cette année, mais ce n’est pas qu'une célébration de la presse écrite francophone, selon Serge Miville.

Avant le Voyageur, L’Information, dans les années 60, était essentiellement un bulletin paroissial destiné aux francophones. Il y avait aussi la publication L'Ami du peuple en 1942.

Enfin, Le Voyageur est fondé officiellement par Émile Guy en 1968.

Ce dernier dévoilait récemment sa participation à l’Ordre de Jacques-Cartier, et ensuite à l’Ordre franco-ontarien.

C’est de ce militantisme que le journal Voyageur aura vu le jour.

Débuts difficiles

Le Voyageur doit son fonctionnement initial à l’appui de la hiérarchie catholique qui a prêté l’espace pour travailler.

Mais malgré l'adoption en 1969 de la Loi sur les langues officielles le projet du Voyageur ne reçoit pas de financement contrairement à d'autres groupes minoritaires.

L’équipe travaille presque bénévolement à la production du journal et connaît beacoup de difficultés à rentabiliser la publication.

C’est un obstacle qui reviendra souvent dans l’histoire de l’hebdomadaire.

Un sauveur revient en ville

En 1975, le Voyageur constate que ses coffres pourraient être à sec dans six mois.

Et même si l’Ontario français soit en pleine effervescence culturelle, le gouvernement s’intéressait toujours plus ou moins au financement des journaux.

C’est alors qu’on a demandé au père jésuite originaire de Warren, Hector Bertrand de venir sauver le projet.

« Mon nationalisme l’a pris sur ma raison, » avait-il dit à l’époque.

Il sentait le devoir d’appuyer sa communauté en assurant la survie des journaux.

Un administrateur par excellence, il arrive les poches creuses, achetant le Voyageur pour 1$.

Il fonde ensuite une nouvelle compagnie et élabore une nouvelle mise de fonds pour le journal, il va faire pression sur la municipalité de Sudbury, entre autres, pourr qu'elle achète de la publicité en français dans lejournal, au lieu de publier uniquement dans les quotidiens anglophones de la région.

Un éditorialiste redoutable

Hector Bertrand arrive avec une énergie combative. C’est un éditorialiste que Serge Miville qualifie de divertissant, ayant la plume acérée.

« Quand il nous pique, ça pique fort » ajoute-t-il.

Il veut entre autres, enchasser l’idée que les Canadiens français font partis d'un des peuples fondateurs dans la Constitution du pays. Il est également critique de certains membres de l’Église, sa propre institution.

Il participe à de grands combats comme l’obtention d’une école à Penetanguishene, le parachèvement des écoles catholiques et la prière dans les écoles publiques.

Il participe aussi à la fondation de l’Association de la presse francophone hors Québec en 1976.

Cette nouvelle énergie apporte une stabilité au journal qui durera jusqu’aux années 90s.

Après Hector Bertrand

Hector Bertrand quitté la région de Sudbury en 1996 en raison de problèmes de santé. Il est décédé en 1999.

Le journal serait vendu et géré par Réjean Grenier et son équipe.

C’est une époque qui n’a pas encore étudiée, mais qui intéresse beaucoup Serge Miville.

C’est en pleine époque de numérisation, le paysage médiatique en entier est transformé, et le Voyageur ne fait pas exception.

L’importance de la press écrite francophone aujourd’hui

Serge Miville à l'émission le Matin du Nord
Serge Miville, professeur d'histoire à l'Université Laurentienne et titulaire de la Chaire de recherche en histoire de l'Ontario français Photo : Radio-Canada/Frédéric Projean

Tous les médias sont d’une importance capitale, notamment pour la démocratie.

Serge Miville

« Si on ne parle pas de nous, nous n’existons pas, » ajoute-t-il.

Mais c’est un combat difficile. La publicité devient de plus en plus centralisée.

Aujourd’hui, plusieurs des revenus publicitaires s'en vont dans les coffres des Google et Facebook de ce monde. Même les revenus de grandes publications sont majoritairement siphonnés par ces derniers.

« Ce qui fait en sorte que Google s’en fiche un peu des Franco-Ontariens. Ils vont se dire, oui, si vous voulez utiliser [nos produits], parfait. Mais on ne va pas produire des nouvelles ou une perspective franco-ontarienne, » avance Serge Miville.

Il ajoute que ça serait donc plus important que jamais de réfléchir à l'avenir des journaux et des hebdomadaires.

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