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Le café show

Avec Rudy Desjardins

En semaine de 6 h à 9 h

Joseph Dunn et le dynamisme de la communauté francophone louisianaise

Rattrapage du mardi 2 juin 2020
Des noms de rues français à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane (à gauche) et Joseph Dunn à droite.

Dans sa chronique Francophonie des Amériques, Claire-Marie Brisson parle de Joseph Dunn, un activiste qui oeuvre à la vitalité francophone en Louisiane.

Photo : Radio-Canada / MICHEL LABRECQUE

L'héritage francophone de la Louisiane, un territoire qui a été d'abord français, est un fait connu au nord du 49e parallèle, mais on en sait probablement beaucoup moins sur la vitalité actuelle du français dans cet État américain. Dans cette chronique de la série Francophonie des Amériques, Claire-Marie Brisson nous parle de Joseph Dunn, un activiste qui travaille à ce dynamisme.

En 1682, le voyage déterminant de Robert Cavelier de La Salle a fait prendre conscience à la France impériale qu’elle pouvait coloniser un nouveau territoire en Amérique du Nord. Et en 1698, les Canadiens français ont tenté une seconde fois de s’établir en Louisiane. Donc les Canadiens et les Français sont venus en Louisiane en se disant : cette partie des États-Unis est riche.

Mais c’est finalement le navigateur français Pierre Le Moyne d'Iberville qui fondera trois villes majeures aux États-Unis, explique-t-elle, Biloxi au Mississippi, Mobile en Alabama et la Nouvelle-Orléans, et qui établira une forte présence francophone en Louisiane. On y parle alors le français et l’anglais parmi d’autres langues utilisées, dont le créole.

Le mot créole est très important pour comprendre la Louisiane d’aujourd’hui, car il veut dire "né sur place".

Claire-Marie Brisson

Après la guerre civile aux États-Unis et la vente de la Louisiane, les communautés francophones et créolophones ont vu l'anglais s'imposer dans les écoles, ce qu'elles ont vécu comme l'intrusion d'une culture étrangère.

Beaucoup de parents ont refusé d’envoyer leurs enfants à l’école. Ils ont choisi des écoles privées catholiques françaises, dans lesquelles les cours étaient dispensés dans un français très standard.

Claire-Marie Brisson

Comme le fait remarquer la doctorante en études françaises, si environ 7 % de la population louisianaise parlait français en 1980, ce chiffre a aujourd'hui chuté et se situe autour de 2 %.

Joseph Dunn fait partie de ceux qui oeuvrent sans relâche pour soutenir l’éducation en langue française. Il a travaillé entre autres au sein du gouvernement de la Louisiane, avec le Consul général de France en Louisiane et avec le CODOFIL (conseil pour le développement du français en Louisiane) et, plus récemment, il s'est tourné vers la promotion du tourisme francophone. Mais fait surprenant, bien que sa famille était d’origine française, Joseph Dunn a dû apprendre la langue car il ne la parlait pas lorsqu'il était enfant.

Il a eu une rencontre dans son enfance où il parlait avec un vieil homme qui ne pouvait pas lui répondre (en anglais) et il ne comprenait pas pourquoi. Cet homme parlait français. C'est le moment déterminant pour lui où il a appris que la Louisiane a eu plusieurs identités. Il ne pouvait pas participer à l’identité francophone sans connaître la langue.

Joseph Dunn personnifie une grande partie de la résilience et les efforts que les Louisianais ont déployés pour ne pas oublier leur langue française ni leur identité unique.

Claire-Marie Brisson

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