•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Liens entre la COVID-19 et l’Alzheimer : des questions en suspens

Le 6 à 9

Avec Patricia Bitu Tshikudi

En semaine de 6 h à 9 h

Liens entre la COVID-19 et l’Alzheimer : des questions en suspens

Rattrapage du mardi 12 janvier 2021
Démence chez les personnes âgées

Démence chez les personnes âgées

Photo : Radio-Canada

Le mois de la sensibilisation à la maladie d'Alzheimer prend une dimension différente cette année, la pandémie ayant bouleversé les habitudes et les repères des personnes atteintes de démence. Plusieurs projets de recherche se penchent d'ailleurs sur les liens potentiels entre la COVID-19 et l'Alzheimer, affirme Simon Duchesne, professeur titulaire au Département de radiologie de l'Université Laval, chercheur au centre CERVO et codirecteur du Consortium d'identification précoce de la maladie d'Alzheimer.

On sait que « le cerveau des gens atteints [d’Alzheimer] est rempli de protéines anormales », ce qui pourrait se comparer à une « accumulation de déchets dans [une] entrée », explique M. Duchesne.

Cela s’accompagne d’une « baisse de l’activité énergétique des neurones, les cellules du cerveau, voire [de] leur disparition », ajoute-t-il. « C’est comme si les déchets vous bloquaient et vous empêchaient finalement de sortir », illustre le chercheur. Le cerveau « n’est pas capable de se débarrasser de ces déchets », poursuit-il, pour donner une idée de l’inflammation qui s’ensuit, et qui est une « réponse anormale du cerveau ».

S’il est « encore un peu tôt pour statuer sur les effets à long terme » de la COVID-19 sur l’Alzheimer, une maladie dont les conséquences se produisent sur des décennies, M. Duchesne affirme néanmoins que « tout ce qui va augmenter ces protéines, ces mauvais déchets, tout ce qui va diminuer l’activité [du cerveau], tout ce qui va augmenter l’inflammation ne sera pas très bon pour le cerveau ».

Or, on sait que la phase aiguë de la COVID-19 crée « beaucoup d’inflammation […] dans le cerveau », ce qui incite les chercheurs à se demander « quel [sera] l’effet à long terme de cette inflammation-là », déclare M. Duchesne.

Il sera aussi important de déterminer les conséquences des « effets respiratoires et [des] effets cardiovasculaires » de la COVID-19, ajoute le professeur, en précisant que le « système cérébrovasculaire est énorme ».

Un des projets de recherche en cours au Canada recrutera des participants à Winnipeg pour « prendre des images du cerveau de gens qui sont cognitivement sains, donc qui n’ont pas la maladie d’Alzheimer », afin de déterminer l’effet à long terme de la COVID-19 sur le cerveau.

Outre les conséquences de la maladie comme telle, les restrictions et mesures sanitaires entraînées par la pandémie auront des conséquences sur le développement de la maladie d’Alzheimer. « Même sans COVID-19, l’isolement social fait partie des facteurs de risque de la maladie, et en soi devient l’un des indicateurs » de l’Alzheimer, signale M. Duchesne. « La situation actuelle ne fait qu’empirer tout cela », ajoute-t-il. Le professeur insiste donc sur l’importance de respecter les consignes afin de « maîtrise[r] la crise » et de pouvoir éventuellement rétablir les contacts sociaux.

M. Duchesne invite les personnes inquiètes par leur état de santé cognitive à ne pas hésiter à consulter leur médecin afin que la maladie soit prise en charge rapidement, le cas échéant. Le site de la Société Alzheimer du Canada (Nouvelle fenêtre) contient également beaucoup de ressources et d’information.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi