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Le 6 à 9

Avec Patricia Bitu Tshikudi

En semaine de 6 h à 9 h

« À Paris, c’est mort, mort, mort » : les Français font l’expérience du couvre-feu

Rattrapage du lundi 19 octobre 2020
Une terrasse avec des chaises vides.

Les gens ont déserté le restaurant Le Petit Chatelet situé dans le Quartier Latin, à Paris, en raison de la COVID-19.

Photo : Reuters / CHARLES PLATIAU

La Franco-Manitobaine Guylaine Ruest, établie en France depuis 1992, profite d'un moment de liberté dans sa résidence secondaire sur la côte espagnole. Alors que les cas de COVID-19 se multiplient dans l'Hexagone, le gouvernement d'Emmanuel Macron a imposé un couvre-feu touchant plusieurs villes françaises, et qui force les résidents à être à la maison à 21 h.

« Ça demande toute une organisation », commente Guylaine Ruest, en indiquant que seules quelques exceptions, comme des motifs médicaux ou professionnels, peuvent justifier une autorisation de sortie après 21 h. En conséquence, « les restaurants sont fermés, les bars, les théâtres aussi, forcément ». « À Paris, c’est mort, mort, mort », poursuit celle qui réside généralement dans la Ville Lumière.

La densité d’une ville comme Paris rend difficile l’application de la distanciation physique dans les lieux publics, fait remarquer Guylaine Ruest. « À Paris, les restos sont petits, les terrasses sont petites, on est très nombreux, dans les rues on est serrés, donc dès qu’on sort dehors, on se dit : “est-ce que je ne vais pas l’attraper juste en marchant? Juste en allant faire mes courses?” C’est un peu un stress au quotidien », relate-t-elle.

Si « la grande majorité de la population » était donc « tout à fait favorable à plus de mesures de confinement ou de restrictions » afin de préserver les capacités du système hospitalier, croit Mme Ruest, elle n’est toutefois pas certaine que le couvre-feu rallie la majorité des Français. « Finalement, ça se résume à : on autorise les gens à se lever, à mener les enfants à l’école, à aller travailler, après à rentrer chez eux et dormir », illustre-t-elle, en soulignant que tout loisir est désormais impossible. « On ne peut plus aller faire du sport, on ne peut plus aller au théâtre, au cinéma, au restaurant », indique-t-elle.

À cela s’ajoute l’exiguïté des petits appartements parisiens, qui n’ont souvent pas de jardin où les occupants peuvent aller prendre l’air. « C’est quelque chose qui joue beaucoup sur le moral », insiste-t-elle. Sa famille vit par exemple dans un appartement de 80 mètres carrés, dont une partie a par ailleurs dû être condamnée lorsque l’un de ses fils a attrapé la COVID-19 et a dû s’y isoler.

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