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Le 6 à 9

Avec Patricia Bitu Tshikudi

En semaine de 6 h à 9 h

Un « état de crise » pour les arbres de Winnipeg

Rattrapage du vendredi 11 septembre 2020
Un coureur

Un coureur et son chien courent sur Wellington Crescent, à Winnipeg, où des branches cassées jonchent le sol après le passage d'une tempête de neige.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Michel Durand-Wood est formel : il faut s'inquiéter de la santé des arbres de Winnipeg. « On est en état de crise », lance-t-il. Le président de l'Association Glenelm Neighbourhood précise qu'au rythme où la ville perd ses ormes, elle n'en comptera plus un seul dans 11 ans.

Après l’« année record » de 2019, le nombre d’arbres abattus à Winnipeg représente encore cette année des « niveaux assez alarmants », signale M. Durand-Wood.

« On parle beaucoup de la reforestation », ajoute-t-il. S’il concède que cela est « très important », il fait remarquer que de nouveaux arbres ne peuvent compenser la perte d’un arbre mature. « Lorsqu’on perd un arbre qui a 90 ans et qu’on le remplace par un nouvel arbre, on ne reçoit pas les mêmes bénéfices, et on ne verra jamais les mêmes bénéfices dans notre vie », explique M. Durand-Wood.

Il est donc crucial selon lui de veiller à l’entretien de la canopée urbaine. L’émondage régulier est par exemple essentiel. M. Durand-Wood indique qu’il est nécessaire de couper les branches mortes des arbres à une fréquence de sept ou huit ans, et ce, afin de ne pas attirer d’insectes nuisibles ou encore d’éviter des dommages lors des tempêtes de neige ou de vent.

Or, le budget de la Ville ne permet de procéder à cette opération qu’aux 26 ans, déplore M. Durand-Wood. Il ajoute qu’il faut également veiller à l’arrosage des arbres, particulièrement des plus petits, par temps sec et bien les protéger des chenilles.

On construit quelque chose de neuf, et on le laisse se détériorer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. Puis, on prend la même approche avec nos arbres.

Michel Durand-Wood

S’il salue la mobilisation citoyenne, M. Durand-Wood rappelle que les arbres publics devraient en principe être entretenus par l'administration municipale, qui devrait leur allouer des ressources suffisantes. Il indique par ailleurs que les dons privés peuvent mener à des « problèmes d’équité » entre les secteurs de la ville. Souvent, ce sont les « quartiers les mieux nantis » qui seront le plus en mesure de préserver la canopée, explique M. Durand-Wood.

Néanmoins, M. Durand-Wood espère que « si on a assez de citoyens qui sont conscients de l’état de crise », ceux-ci pourront « faire changer les budgets à la Ville pour allouer l’argent [...] [au] maintien » de la canopée.

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