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L'animateur Martin Labrosse
Audio fil du jeudi 20 décembre 2018

Un coup de main pour les itinérants à Laval

Publié le

Une personne sans abri avec ses effets personnels.
Une personne en situation d'itinérance tente de transporter ses effets personnels dans le froid montréalais.   Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Il n'est pas toujours facile pour un itinérant qui souhaite sortir de la rue de se trouver un logement. Or, c'est beaucoup plus simple maintenant, du moins à Laval, depuis que des organismes ont lancé un programme d'accompagnement qui leur est destiné. Notre journaliste Marie-Eve Cousineau s'y est intéressée.

Depuis la création du programme de stabilité résidentielle avec accompagnement (SRA), il y a un peu plus de deux ans, environ 140 itinérants sont sortis de la rue. Cela correspond un taux de succès de 80 %, indique la journaliste Marie-Eve Cousineau.

Au total, neuf organismes de Laval bénéficient du soutien du gouvernement fédéral pour piloter ce programme. L'objectif, c'est d'offrir un soutien aux itinérants qui se sentent prêts à faire le saut en appartement.

Francine fait partie de ces personnes qui ont réussi cette transition. Itinérante et souffrant du trouble de la personnalité limite, elle a pu compter sur la Maison Dominique pour lui venir en aide. Des membres de cet organisme qui vient en aide aux personnes itinérantes ou vulnérables, ou aux prises avec un problème de santé, lui ont parlé du programme. Francine a séjourné dans cette maison parce qu'en plus de ses autres problèmes, elle souffrait d'une hernie à l'estomac et devait subir une opération, explique la journaliste.

Pour Francine, quitter la Maison Dominique en vue d'aller vivre en appartement représentait un défi.

« Je me retrouvais comme dans une chambre, à aller dans un gros logement. Ça a pris quelques mois avant que je sorte de mon salon. Toutes mes affaires étaient là. [...] Le programme SRA m'a aidée. Ils m'ont donné de beaux meubles, des chaudrons, de la vaisselle, des tasses, des verres, des ustensiles, un micro-ondes... » raconte Francine.

Leslie Woolock a lui aussi vécu dans la rue, après avoir été expulsé de la maison familiale. Le jeune homme consommait de la drogue (amphétamines et cocaïne). Il souffre d'anxiété et du syndrome de Gilles de la Tourette. Il a habité à l'Auberge du cœur L'envolée et vit depuis septembre en appartement.

« En fait, je pense que c'est une des plus belles choses qui m'est arrivée. Ça m'a permis de continuer mes études. Je pense que sans ce programme-là, j'aurais [eu à] lâcher l'école pour travailler plus, parce que je ne serais pas arrivé », dit-il.

Les itinérants reçoivent l'aide d'un intervenant qui les accompagne pour visiter des appartements, déménager, faire un budget et l'épicerie, apprendre à cuisiner, etc. Il est très difficile pour les itinérants de trouver un logement avec l'offre locative actuelle à Laval.

Des propriétaires inquiets

Les propriétaires craignent de louer leur appartement à cette clientèle, explique Jean-François Dorais, intervenant à l'externe pour le programme SRA à la Maison Dominique.

« Souvent, c'est l'instabilité des gens ou, par le passé, ils ont déjà perdu leur logement. Ils ont des dossiers à la Régie [du logement]. Ils sont sur le bien-être social. Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent faire peur aux propriétaires, sauf qu'on est là aussi pour les réconforter et leur parler du projet pour leur dire qu’ils ne sont pas tout seuls avec ces gens-là. »

Une partie du logement peut aussi être payée par le programme, indique Mélanie Roger, coordonnatrice du programme de stabilité résidentielle avec accompagnement à Laval.

« On ne peut pas se permettre de soutenir financièrement la totalité des gens qu'on accompagne. [...] Dans certains cas, on établit un montant fixe mensuellement qui va pouvoir les aider à démarrer un petit peu. Dans d'autres cas, effectivement, ça fonctionne avec 25 % de leur revenu. Dans ce temps-là, on calcule leur revenu; eux payent 25 % et nous, on paye l'équivalent du loyer. Le soutien financier varie de 0 à 500 $ par personne mensuellement, [selon les] cas », explique Mme Roger.

En cas de problème, l'intervenant joue le rôle de médiateur. Malgré tout, des évictions surviennent, dans environ 10 à 15 % des cas, indique Mélanie Roger.

Et les ressources en logement sont insuffisantes, rapporte cette dernière.

« Les deux seules ressources dédiées en hébergement en itinérance? On a l'Auberge du cœur L'Envolée, qui est au niveau jeunesse, puis on a l'Aviron, hébergement communautaire, qui est pour les 18 ans et plus. Les deux ressources sont [presque] toujours contingentées. On a la Maison Dominique, qui vient un peu en appui, mais qui a un nombre de lits très limité et qui est dédiée aussi à des gens qui ont des problèmes de santé physique. Si on calcule le fait qu'on en a placé 172 en appartement en deux ans, on comprendra que les refuges sont encore pleins à craquer. »

Par ailleurs, l'itinérance n'est pas un phénomène aussi visible à Laval qu'à Montréal.

« À Laval, il y a une réglementation sur le flânage qui ne permet pas aux personnes de mendier sur les trottoirs ou de flâner dans les parcs. Elles ont des amendes pour ça. Souvent, nos personnes itinérantes sont cachées. À Laval, on les retrouve beaucoup dans les champs », ajoute la coordinatrice du programme.

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