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Annie Desrochers
Audio fil du mardi 18 décembre 2018

De très grande prématurée à chercheuse en prématurité

Publié le

Nouveau-nés dans un centre de néonatalogie
Camille Girard-Bock a passé trois mois dans un incubateur à sa naissance.   Photo : Getty Images / ERproductions Ltd

Née à 26 semaines, Camille Girard-Bock aime dire qu'elle ne tenait que dans un pot de margarine lors de ses premiers jours de vie. Aujourd'hui, la très grande prématurée a fait des études en sciences et travaille maintenant comme chercheuse en prématurité au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine. Notre journaliste Dominic Brassard l'a rencontrée.

« Je pesais 920 g, donc à peu près 2 lb [0,91 kg]. Ma tête ressemblait à une orange. [...] Ma main, c'était l'ongle [d'un] pouce. On aurait pu me mettre dans un pot de margarine », explique Camille Girard-Bock.

En 1992, sa mère était loin de se douter que son voyage de noces en République dominicaine se terminerait dans un avion-ambulance. Heureusement, la petite Girard-Bock est née à Sainte-Justine, où elle a été immédiatement prise en charge. Elle a fait au final un séjour de trois mois dans un incubateur.

Malgré sa très grande prématurité, Camille n’a pas gardé de séquelles, à l’exception d’une légère obstruction pulmonaire.

S’il y a 26 ans, le taux de survie des très grands prématurés était d'environ un sur deux, aujourd’hui, il s’élève à 90 %, indique Anne-Monique Nuyt, néonatalogiste et chercheuse en prématurité au CHU Sainte-Justine.

Sans trop penser à la branche de la prématurité, Camille s’est lancée dans des études en sciences. C’est seulement après s’être fait appeler pour participer à une étude de suivi sur la prématurité qu’elle s'est trouvé une vocation.

« Je voyais que c’étaient des techniques de laboratoire que j’ai apprises. Je me suis dit : "Je pourrais appliquer ce que j’ai appris sur les laboratoires de recherche sur la prématurité". Je n'y avais pas pensé avant de venir ici », raconte-t-elle.

Elle a donc poursuivi ses études à la maîtrise en pharmaceutique, puis entamé un doctorat en sciences biomédicales. Elle travaille maintenant aux côtés d’Anne-Monique Nuyt comme chercheuse en prématurité qui se penche sur les séquelles des jeunes adultes nés prématurément.

« Elle peut apporter le point de vue des parents, de l’enfant qui va à des rendez-vous à l’hôpital », souligne la néonatalogiste.

Parfois, c’est même son expérience très personnelle qui est utile.

« On était dans la chambre de petites jumelles nées à 24 semaines. [...] Ma superviseure a décidé de dire à la mère "voici Camille, c'est mon étudiante au doctorat; elle est née à 26 semaines, et voici où elle est aujourd’hui" », raconte-t-elle.

Pour aider les parents d’enfants prématurés, Camille s’est souvenue que sa mère trouvait beaucoup de réconfort dans la lecture d’un babillard au CHU Sainte-Justine. Or, au fil des années, ce tableau a disparu. La chercheuse a donc proposé d'installer un mur de l’espoir, où des photos et des témoignages de personnes nées prématurément sont affichés.

« [L’objectif est] de lire à propos d’autres bébés qui ont des conditions similaires; de voir que ces enfants-là s’en sont sortis et sont heureux », explique Camille Girard-Bock.

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