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Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du mardi 9 octobre 2018

Un an après #MoiAussi, une victime dit sentir encore la force du mouvement

Publié le

Une femme se couvre le visage dans un coin d'une pièce avec son ombre au dessus d'elle.
Image générique   Photo : Shutterstock

Chantal a été agressée par son frère à l'âge de 10 ans. Ce n'est que 47 années plus tard qu'elle a eu la force d'en parler, inspirée par le mouvement #MoiAussi.

« J'aurais dû faire ça bien avant, mais je n'en avais pas la force, raconte Chantal. Ça me prenait la force de #MoiAussi, et je la sens encore. »

Ce sont tous les témoignages de victimes d'agression sexuelle qui ont convaincu Chantal de parler de la sienne : « La révolte grandissait en moi, tout l'isolement, et je sentais le filet de femmes. J'ai recontacté tous mes proches et je suis allée les voir un par un pour leur raconter ma version des faits. »

Moi, je sens encore la force de ce mouvement-là. Ce n'est plus comme avant, où l'on ne me croyait pas.

Chantal, victime d'agression sexuelle

La vague de dénonciations d'agressions sexuelles qui a déferlé à la suite de l'affaire Harvey Weinstein s'est quelque peu calmée, mais les organismes d'aide continuent de recevoir un plus grand nombre d'appels qu'avant la naissance du mouvement.

Les jeunes, notamment, sont plus nombreux à demander de l'aide, selon Chantal Robitaille, intervenante sociale au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Châteauguay. « On a connu, l'année passée, une augmentation des demandes des jeunes filles de 12 à 16 ans, précise-t-elle. Malheureusement, pour ces jeunes filles, ce sont souvent des situations familiales, mais aussi des situations qui se passent avec d'autres étudiants, à leur école, avec des jeunes de leur âge, dans un contexte de première relation amoureuse. »

Du côté du Service de police de Montréal, on note une augmentation de 26 % du nombre de plaintes pour agression sexuelle dans la foulée de #MoiAussi.

Les cours d'éducation à la sexualité encouragent les dénonciations

Mélanie Sarroino est coordonnatrice du déploiement du programme Empreinte du Regroupement québécois des CALACS, qui donne des ateliers dans les écoles et offre des formations aux enseignants. Elle constate l'effet positif de ces ateliers sur les jeunes. « On a un dévoilement presque chaque fois, dit-elle. Lorsqu'on aborde, au début, ce qu'est une agression sexuelle, ce qu'est le consentement, c'est souvent dans ces ateliers-là qu'on reçoit des dévoilements. »

La bataille n'est toutefois pas gagnée, souligne Catherine Pham, du centre d'aide Trêve pour Elles : Bien qu'il y ait eu une augmentation du nombre de plaintes, ça reste que le pourcentage de femmes qui vont porter plainte est très minime. On parle de moins de 10 %, du moins pour la clientèle des CALACS. Dans les craintes, il y a la peur de ne pas être crue, car tout repose sur le fardeau de la preuve, mais il y a rarement des preuves, rarement des témoins.

Chantal, elle, n'a pas porté plainte à la police contre son frère. Elle ne croit pas dans le système de justice et ne veut pas mener cette bataille. Je pense que ça va plus me blesser que m'aider, dit-elle. Moi, je veux m'aider. J'aime mieux créer des choses dans la société civile pour aider les femmes. J'aimerais qu'il y ait plus de ressources, comme des groupes de parole qui ne sont pas dans une thérapie de groupe.

Le gouvernement du Québec a accordé un montant de 1 million de dollars aux organismes d'aide en octobre 2017. En mars 2018, il a octroyé 13,1 millions de dollars sur trois ans aux centres d'aide aux victimes pour notamment offrir de l'accompagnement.

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