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Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du lundi 17 septembre 2018

Abolir ou ne pas abolir les commissions scolaires? Telle est la question

Publié le

Des hommes et des femmes assis dans une salle de conseil.
La Commission scolaire de Montréal   Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Chaque parti a sa propre vision de l'avenir des commissions scolaires. Si tous ne s'entendent pas sur la pertinence de les maintenir, plusieurs sont néanmoins d'accord sur la nécessité d'une décentralisation.

La Coalition avenir Québec (CAQ) propose de complètement transformer les commissions scolaires pour en faire des centres de services aux écoles. Ce sont des structures administratives régionales qui auront les mêmes territoires, mais qui offriront du soutien administratif et logistique aux écoles, explique le candidat caquiste Jean-François Roberge. L’objectif, c’est de remettre les écoles dans les mains de la communauté.

Jean-François Roberge précise que ces nouvelles entités continueront de s’occuper du transport scolaire, de la paie des employés ainsi que de l’ouverture et de la fermeture des écoles.

Dans le contexte de cette grande transformation, la CAQ prévoit abolir les élections scolaires. Ce sont plutôt les conseils d'établissement, les comités de parents, qui prendraient les décisions. Le parti espère ainsi réaliser des économies d’environ 30 millions de dollars.

De son côté, le Parti libéral souhaite conserver les commissions scolaires, tout en donnant plus de latitude aux écoles. Il a d’ailleurs déjà amorcé la décentralisation et compte la poursuivre s’il est réélu. Des sommes totalisant 500 millions de dollars ont déjà été remises directement aux écoles plutôt qu'aux commissions scolaires, notamment pour les services aux élèves.

Le Parti québécois croit quant à lui qu’il faut non seulement garder les commissions scolaires, car elles jouent un rôle essentiel, mais qu’il faut aussi leur donner plus d’autonomie. On veut plutôt donner des moyens supérieurs aux commissions scolaires dans leur prise de décision, indique la candidate péquiste Carole Poirier. Donc, moins de gouvernement et plus d’autonomie aux commissions scolaires.

Pour Québec solidaire, il est aussi impératif de garder les commissions scolaires, mais pas question de décentraliser leur fonctionnement.

Du côté des chercheurs, on ne s’entend pas sur les effets potentiels d'une disparition des commissions scolaires. L’Institut économique de Montréal estime que leur abolition pourrait être synonyme d’économies, sans toutefois être capable de les chiffrer. Évidemment, on doit s'assurer que le ministère ne crée pas une autre structure pour les remplacer, sinon, personne n’est gagnant, prévient l’analyste Alexandre Moreau. Il faut s’assurer que dans la réforme, il y ait une autonomie, une décentralisation qui bénéficie aux écoles.

Toutefois, pour Abdoulaye Anne, professeur adjoint et chercheur en administration et politiques de l'éducation à l'Université Laval, l’abolition des commissions scolaires ou la diminution de leur rôle risque de faire disparaître une certaine expertise : On pourrait se retrouver avec une externalisation de cette mission à des tiers, souvent privés, pour faire le travail qui est actuellement fait par les commissions.

Le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec craint pour sa part qu'une plus grande autonomie accordée aux écoles nuise à la pédagogie.En envoyant l'argent directement dans les écoles, on est en train de créer 3000 commissions scolaires, donc 3000 directeurs d'établissement qui, plutôt que d'avoir un leadership pédagogique pour travailler avec leur équipe-école sur des projets, vont se transformer en gestionnaires administratifs, croit-il.

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