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Annie Desrochers
Audio fil du jeudi 9 août 2018

Les Airbnb du camping

Publié le

Des roulottes stationnées sur un terrain.
De plus en plus de particuliers offrent en location leur roulotte sur des sites de style Airbnb.   Photo : iStock

Louer des roulottes, des véhicules récréatifs et même des terrains de camping sur des sites web d'économie de partage, c'est désormais possible. Et c'est de plus en plus populaire. Le reportage de Marie-Eve Cousineau.

De plus en plus de particuliers offrent en location leur roulotte ou leur véhicule récréatif sur des sites comme RVezy.com, Outdoorsy.com ou Campanda.com, des plateformes de partage similaires à Airbnb.

Une mère et son enfant posent dans une roulotte.
Marie-Josée Lambert, propriétaire de la roulotte Pink Lady, en compagnie de l'une de ses filles Photo : Radio-Canada/Marie-Eve Cousineau

Louer sa roulotte

Marie-Josée Lambert affiche sa vieille roulotte toute de rose décorée « Pink Lady » sur RVezy et Outdoorsy depuis deux mois. La citoyenne de Vaudreuil-Dorion l’a déjà louée à trois reprises, durant une semaine chaque fois, à raison d’environ 100 $ la nuit.

« Je suis mère monoparentale de quatre enfants, explique-t-elle. En la louant quand je ne l’utilise pas, ça me permet d'organiser de plus belles vacances en famille. »

Didier Hersant, un propriétaire de motorisé qui vit à Saint-Basile-le-Grand, a aussi fait le saut cet été. Il a longtemps hésité avant de confier à de parfaits inconnus son véhicule récréatif de 28 pieds, acheté il y a 5 ans.

« Sur Kijiji, on ne sait pas à qui on a affaire, dit-il. Cette année, j'ai trouvé un site qui était intéressant, qui avait l'air sérieux et qui offrait certaines garanties au propriétaire. » Didier Hersant parle du site canadien RVezy, avec lequel il a transigé. Le site se charge des assurances et exige une caution des locataires. D’autres vérifications sont effectuées sur les locataires, notamment sur le dossier de conduite.

Autant d’informations personnelles que Jean-Michel Harvey n'a pas l'habitude de transmettre sur Internet. Néanmoins, il a fait exception pour louer une microroulotte qu’il souhaitait essayer en vue d’un achat. Il s'est laissé convaincre lui aussi par RVezy, qui a pignon sur rue à Ottawa.

« On m'a demandé des photos de mon permis de conduire, ce qui est déjà en soi un petit peu invasif, parce qu'il y a quand même des informations personnelles importantes là-dessus, affirme-t-il. On me demandait aussi des informations concernant mon dossier de conduite, des accidents, des réclamations, si j'avais eu des condamnations au criminel. Normalement, c'est le genre d'information que je ne donne pas sur Internet. »

Louer son terrain

Des sites comme rvandbee.com, gamping.com ou campedansmonjardin.com permettent quant à eux à des propriétaires de louer un bout de leur terrain pour permettre aux gens d'y planter leur tente ou de stationner leur VR. Le coût de location peut s’élever à 15 $ ou 30 $ la nuit.

Au Québec, cette pratique est toutefois illégale. Selon la Loi et le Règlement sur les établissements d'hébergement touristique du Québec, toute personne qui offre en location une unité d'hébergement – donc un site pour camper ou un prêt-à-camper – doit détenir une attestation de classification de Camping Québec.

Entre le 1er janvier 2017 et le 12 juin 2018, le ministère du Tourisme du Québec a d’ailleurs émis 39 avis à des gens qui semblaient exploiter un établissement de camping. Aucun constat d'infraction n'a pour autant été remis.

Pour ceux qui louent leurs terrains à des campeurs, cette réglementation devrait être revue et adaptée à l'économie collaborative. Camping Québec dit avoir fait des propositions à Tourisme Québec pour rendre les frais d’attestation de classification plus abordables.

« Pour les gens qui ont un emplacement de camping à louer, le principal obstacle, ce sont les frais d'attestation de classification, qui peuvent quand même être perçus comme étant assez élevés, affirme Julie Trahan, directrice de la classification à Camping Québec. Pour quelqu'un qui offre un seul emplacement de camping, on parle de frais autour de 250 $ pour l'année. »

La balle est maintenant dans le camp de Tourisme Québec.

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