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L'animateur Martin Labrosse
Audio fil du mardi 10 juillet 2018

La conservation du patrimoine religieux, toujours un casse-tête

Publié le

Une grande église en pierre à deux clochers.
L'église Saint-Vincent-de-Paul sera transformée en salle pour accueillir divers événements.   Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Cousineau

De plus en plus de promoteurs font l'acquisition d'églises pour les transformer, entre autres, en salles de spectacles. Mais les obstacles à la conservation de ces lieux de culte demeurent nombreux.

L’église Saint-Vincent-de-Paul, près du pont Jacques-Cartier, à Montréal, vient notamment d’être achetée par un couple de promoteurs qui souhaite la transformer en un site événementiel et culturel : le théâtre Cartier.

Ezio Carosielli et Luisa Sassano l’ont acquise au coût de 2 millions de dollars, mais ils estiment qu’ils devront débourser jusqu’à 4 millions supplémentaires pour restaurer ce bâtiment de 1928, qui a été négligé au fil des ans.

Nous avons reçu un avis de la ville pour dire qu'il y a des pierres qui risquent de tomber, explique Ezio Carosielli. Il y a des escaliers qui sont vraiment en mauvais état. Donc, il faut rétablir la façade, les côtés. Il faut aussi sécuriser le toit, parce que ça n'a pas été sécurisé depuis quelques années. Il y a beaucoup d'infiltrations d'eau à plusieurs endroits et aussitôt qu'on va sceller l'enveloppe, on va s'attaquer aux travaux à l'intérieur.

Ces travaux ne font pas peur aux deux promoteurs, qui ont déjà restauré le Théâtre Rialto et converti une ancienne banque du centre-ville en un espace événementiel, le théâtre St-James.

Une question de cote

Le Conseil du patrimoine religieux du Québec a inventorié les quelque 2750 lieux de culte dans la province (dont le cinquième se trouve à Montréal) et leur a attribué des cotes, selon leur valeur patrimoniale :

  • A pour incontournable
  • B pour exceptionnelle
  • C pour supérieure
  • D pour moyenne
  • E pour faible

À Montréal, 17 lieux de culte sont protégés par la loi sur le patrimoine culturel. C’est le cas, entre autres, de l’église Saint-Jean-Baptiste, sur la rue Rachel, à Montréal. Pour transformer cette église-là, il faut l'aval de l'arrondissement, mais aussi du Conseil du patrimoine de Montréal et du ministère de la Culture, explique Lyne Bernier, chercheuse associée à la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l'UQAM.

Ce n'est toutefois pas le cas de l'église Saint-Vincent-de-Paul, qui a reçu la cote D. Les promoteurs devront donc faire une demande de changement de zonage et obtenir des permis de rénovation auprès de l'arrondissement Ville-Marie, ce qui peut être long.

Le rôle des gouvernements

Selon le courtier immobilier Olivier Maurice, qui se spécialise dans la vente de lieux de culte, il n’est pas toujours facile de vendre une église, surtout en milieu rural, et l’idéal serait que les municipalités récupèrent leur église pour les transformer en bibliothèques ou en salles communautaires, ce qui n’est pas toujours possible.

Dernièrement, Olivier Maurice a vendu l'église de Saint-Armand, un petit village en Montérégie, près de la frontière américaine. Certains citoyens ont été choqués par le prix de vente de 25 000 $. La cote d'évaluation du bâtiment était E. C’est un immeuble qui avait des problématiques, notamment la présence d'amiante, précise le courtier. L'immeuble avait une superficie de 6000 pieds carrés par étage, avec rez-de-chaussée et sous-sol, ce qui fait que les frais de fonctionnement sont très élevés. Juste pour maintenir le chauffage à 12 °C pendant l'hiver faisait que les coûts d'énergie annuels étaient de 12 000 $.

Olivier Maurice croit que les divers paliers de gouvernement devraient investir davantage pour préserver le patrimoine religieux.

Il existe un programme d'aide provincial pour la restauration du patrimoine culturel à caractère religieux. Les églises construites avant 1945 et dont la cote se situe entre A et C y sont admissibles. Puis, depuis 2016, certaines églises construites entre 1945 et 1975 et qui ont la cote A y ont aussi accès.

Le problème, selon Olivier Maurice, c'est que l'enveloppe budgétaire n’augmente pas assez. Elle tourne autour de 10 millions de dollars par année et a été bonifiée à 12 millions l'an dernier.

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