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Annie Desrochers
Audio fil du lundi 18 juin 2018

Chômage à Manawan et pénurie de main-d’œuvre en Matawinie : une histoire de symbiose

Publié le

Un Autochtone devant des arbres et un lac.
Pour le chef de la communauté atikamekw de Manawan, Jean-Roch Ottawa, c'est l'emploi qui va sauver sa communauté.   Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

La communauté atikamekw de Manawan, dans Lanaudière, accueillait récemment des joueurs économiques de la région pour parler de développement économique et social. La réserve souffre d'un taux de chômage élevé (environ 24 % de la population active n'a pas d'emploi), ce qui génère d'importants problèmes sociaux. En contrepartie, la Matawinie, au nord de Lanaudière, connaît une pénurie de main-d'œuvre. Les deux groupes s'étaient donné rendez-vous à Manawan pour discuter des solutions.

« Moi, je vois ça comme un réveil », affirme le coordonnateur de Tourisme Manawan, Patrick Moar. « Ça a peut-être commencé par un éveil spirituel ou identitaire au début, mais là, il se transpose au niveau de l'économie et de l'éducation. » Patrick Moar souligne que l'âge médian est de 18 ans à Manawan et que cette réserve compte 2200 habitants. Selon lui, cette jeune population entraînera d'importants défis dans les prochaines années sur le plan économique.

Le chef de la communauté atikamekw de Manawan, Jean-Roch Ottawa, croit que « c'est l'emploi [qui] va sauver la communauté ». « On vit une situation, ici, dans la communauté, qui n'est pas simple : on a beaucoup de gens qui sont prestataires de la sécurité du revenu », dit-il.

Aux prises avec une importante pénurie de main-d'œuvre, la Matawinie cherche quant à elle des travailleurs pour pourvoir des postes auprès d'employeurs de la région.

Deux solitudes? Plus maintenant...

La population de Manawan et les non-Autochtones de Lanaudière multiplient les partenariats économiques et sociaux depuis plusieurs années. Toutefois, il reste beaucoup de choses à faire pour favoriser les échanges.

Pour cette raison, la MRC Matawinie et la Chambre de commerce de la Haute-Matawinie ont organisé conjointement une visite de Manawan et une rencontre avec des représentants de la communauté. « Parmi les intervenants présents, ici, aujourd'hui, plusieurs travaillent avec la communauté, mais ne sont jamais venus [ici] », indique la directrice générale de la Chambre de commerce, France Chapdelaine. « Souvent, on ne prend pas le temps de le faire, et là, on trouvait ça important. »

Du potentiel, et des défis

À Manawan, le secteur des ressources naturelles fait travailler un bon nombre de travailleurs. Outre ce domaine, le tourisme présente aussi un potentiel intéressant pour la communauté.

La commissaire en développement touristique à la MRC Matawinie, Marie-Andrée Alarie, croit que les Attikamekws peuvent faire grandir ce secteur : « Tout le monde, et particulièrement les touristes européens, est intéressé à découvrir la culture des Premières Nations, de les rencontrer et d'échanger avec eux. [Et Manawan], c'est une des communautés les plus près de Montréal, quand on y pense. »

Toutefois, développer l'économie doit s'accompagner d'autres mesures. Les infrastructures de Manawan doivent être améliorées, tout comme l'offre de formation, qui ne répond plus aux besoins.

La route de 86 kilomètres qui relie Saint-Michel-des-Saints à Manawan doit quant à elle être mieux aménagée pour permettre un véritable développement. À l'heure actuelle, cette route de gravier et de sable complique sérieusement les déplacements. Selon le chef Jean-Roch Ottawa, « c'est une route qui est assez dangereuse. [...] Si on avait une belle route, asphaltée, ce ne serait pas loin pour des gens de chez nous d'aller travailler à Saint-Michel-des-Saints. »

Le ministère des Transports du Québec s'est engagé par écrit à effectuer une réfection du tronçon, mais aucun échéancier pour ce projet n'a encore été précisé.

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