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Annie Desrochers
Audio fil du jeudi 26 avril 2018

Des agents antirumeurs pour briser les préjugés envers les immigrants

Publié le

Des empreintes de mains colorées sur un tableau d'école.
Même si Montréal est une ville ouverte, elle n'est pas à l'abri des préjugés.   Photo : iStock

Une nouvelle approche pour contrer les préjugés envers les immigrants sera bientôt testée à Montréal, inspirée d'une expérience menée à Barcelone, en Espagne. Un réseau d'agents antirumeurs sera établi afin de débusquer les mythes et de les déboulonner.

Les agents antirumeurs sont des personnes formées pour intervenir, sans confrontation, auprès des gens qui véhiculent des stéréotypes sur les immigrants. Ces agents sont issus de différents milieux; ce sont des employeurs, des ouvriers, des personnalités médiatiques, etc. « On a réalisé que l’une des meilleures manières de combattre les préjugés était d’intervenir dans la vie de tous les jours, auprès de nos amis, de nos collègues, de notre famille », explique Daniel de Torres, l’Espagnol à l’origine de l’expérience de Barcelone.

C’est le Bureau d'intégration des nouveaux arrivants de Montréal (BINAM) qui chapeaute le projet-pilote dans la métropole. Selon sa directrice par intérim, Véronique Lamontagne, Montréal a beau être une ville inclusive et reconnue pour son ouverture, elle n’est pas à l’abri des préjugés : « En parlant de rumeurs, ça permet d’ouvrir la porte du dialogue. On ne blâme personne, on n’est pas dans le "Tu es raciste", on est dans une approche très ludique, quelque chose qui est vraiment basé sur le changement des mentalités à long terme. »

Le projet-pilote sera mené en partenariat avec différents organismes communautaires, dont le Carrefour des ressources en interculturel (CRIC), qui mène déjà des ateliers antirumeurs dans la métropole. Sa directrice générale, Véronika Islas, souligne que l’expérience ne vise pas seulement les préjugés sur les nouveaux arrivants, mais aussi ceux que les immigrants peuvent avoir sur leur communauté d’accueil. « On ne travaille pas juste avec des personnes de la communauté d’accueil, on travaille aussi avec des personnes issues de la diversité », indique-t-elle.

Des chercheurs scruteront à la loupe tout ce qui se fera au cours du projet-pilote afin de faire ce qui n’a pas été fait à Barcelone, c'est-à-dire documenter les résultats d’une telle approche. « Il faut s'assurer qu’on met de l’énergie pour évaluer l’impact de ce programme-là parce que, sur le terrain, on voit que ça marche, mais il faut le documenter pour convaincre les citoyens et les décideurs politiques que c’est quelque chose qui en vaut la peine », affirme l’anthropologue Bob White, directeur du Laboratoire de recherche en relations interculturelles à l'Université de Montréal.

Ce n’est pas documenté, mais j’ai l’impression que c’est un programme qui est plus efficace et qui coûte beaucoup moins cher [que les traditionnelles campagnes de sensibilisation].

Bob White, anthropologue

Le programme de formation des agents antirumeurs est en cours d'élaboration. Les agents seront ensuite recrutés et devraient pouvoir se mettre à l’œuvre à la fin d'août ou au début de septembre.

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