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Une nouvelle technique testée à Montréal pour aider les élèves immigrants à s'intégrer

Le 15-18

Avec Karyne Lefebvre

En semaine de 15 h à 18 h

Une nouvelle technique testée à Montréal pour aider les élèves immigrants à s'intégrer

Audio fil du lundi 9 avril 2018
Des élèves noirs sont vus de dos dans une salle de classe, plusieurs lèvent la main.

Plus d'une centaine de nouveaux élèves, issus de l'immigration dans la grande majorité, arrivent chaque semaine dans les écoles de Montréal.

Photo : iStock

Des spécialistes en psychologie expérimentent, à Montréal, une nouvelle technique appelée « groupes de parole » pour aider des enfants immigrants qui ont vécu des deuils et des traumatismes à mieux intégrer le milieu scolaire québécois.

Cette technique consiste à offrir aux élèves du primaire un espace de discussion, avec leurs collègues des classes d'accueil, pour parler des deuils qu'ils vivent. Ils sont invités à parler d'eux, de leur vie, durant des séances d'une heure. Les thèmes abordés vont de la mort à l'identité.

« Quand mes parents sont partis, j’ai passé 10 ans avec mes grands-parents, et quand ma mère est revenue, j’ai dit "ce n’est pas ma mère" », raconte l’un de ces jeunes lors d’une séance de discussion portant sur la famille.

Le but n’est pas de diriger la conversation. « On ne pose pas une multitude de questions, on ne va pas creuser, on est juste là pour les accueillir et écouter », explique Sabrina Desjardins, psychologue à la Commission scolaire Maguerite-Bourgeoys.

C’est la chercheuse Garine Papazian-Zohrabian, professeure agrégée au Département de psychopédagogie à l'Université de Montréal, qui est à l’origine du programme. Elle trouvait qu’il était très exigeant de demander aux nouveaux arrivants de laisser leur expérience dernière eux pour se consacrer pleinement à leur apprentissage de la culture d’accueil : « Certains de ces enfants arrivent à l’école avec ce bagage difficile, et ils n’ont pas d'endroit pour le déployer. Tout ce passé-là, on le met de côté, on leur dit "Tournez la page, vous êtes au Québec, vous êtes au Canada." »

Marie-Christine Gagné, psychoéducatrice à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, croit que ces groupes de parole sont bénéfiques pour les jeunes, surtout quand vient le temps d’aborder des sujets aussi difficiles que la mort, qui deviennent vite des tabous dans les familles endeuillées. « Je pense que c'est plus facile pour eux de s’exprimer sur ce sujet difficile à l’école », dit-elle.

Les groupes de parole ne règlent toutefois pas tout, précise la chercheuse Garine Papazian-Zohrabian. « Ce qui est triste, c’est qu’on a réalisé que, autant nos groupes de parole ont permis de développer un sentiment d’appartenance au groupe-classe, autant ils n’ont pas permis de développer un sentiment d’appartenance à l’école, parce qu'à l’école, les problèmes d’exclusion sont énormes, les classes d’accueil sont marginalisées, et c’est systémique », déplore-t-elle.

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