•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quand il n'y a que le sociofinancement pour subvenir aux besoins des malades

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Quand il n'y a que le sociofinancement pour subvenir aux besoins des malades

Audio fil du mercredi 14 mars 2018
Au Canada, une personne sur deux devrait faire face au cancer au cours de sa vie.

Au Canada, une personne sur deux devrait faire face au cancer au cours de sa vie.

Photo : iStock / Ridofranz

De plus en plus de gens malades qui n'ont pas d'assurances doivent compter sur le sociofinancement pour vivre.

C'est le cas de Stéphanie Pharand qui, à 25 ans, alors qu'elle avait atteint sa 32e semaine de grossesse, a appris qu'elle avait la leucémie. Elle a dû accoucher d'urgence et être hospitalisée pendant un an avant d'avoir une greffe de cellules souches.

Stéphanie Pharand était travailleuse contractuelle et n'avait pas d'assurance invalidité. Elle a donc reçu des prestations de maladie de l'assurance emploi du gouvernement fédéral pendant 15 semaines, des prestations pour son congé de maternité, puis elle a été sans revenus pendant environ huit mois, ce qui a mis beaucoup de pression sur le budget familial.

Les amis de la jeune mère ont organisé une campagne de sociofinancement pour l'aider à subvenir à ses besoins. Ils ont réussi à amasser 10 000 $. Mais il ne lui reste déjà plus rien de cet argent : « Ça a payé tous mes médicaments et les frais de dentiste. Ça m'a coûté un bon 400 $ pour faire toutes les vérifications avant la greffe. J'ai payé des cartes de stationnement à ma famille aussi, parce que ma famille, elle a été présente tous les jours. »

Stéphanie Pharand est loin d'être la seule à être aux prises avec de tels problèmes financiers. L'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) du Nord de Montréal reçoit souvent des demandes d'aide financière de personnes qui se sont endettées à cause de la maladie. L'organisme peut aider les plus démunis en leur offrant de petits prêts sans intérêts.

« Le problème, c'est que des solutions individuelles pour ces problèmes-là, il n'y en a pas vraiment », déplore la conseillère budgétaire à l'ACEF du Nord de Montréal Émilie Laurin-Dansereau. « Il y a des limites à ce qu'on peut réduire dans nos dépenses. Notre loyer, on ne pourra pas le réduire, puis le chauffage non plus. Nous, nous poussons pour des solutions qui sont collectives. »

Pour des prestations de plus de 15 semaines

L'une des solutions souvent mises de l'avant est l'augmentation de la durée des prestations de maladie de l'assurance emploi. C'est le combat de Marie-Hélène Dubé, une citoyenne de Laval qui a eu trois cancers en cinq ans. Au moment où le premier cancer s'est déclaré, elle avait de jeunes enfants et un bon emploi dans la fonction publique fédérale, mais pas de permanence. Donc, pas d'assurance invalidité.

Les 15 semaines de prestations du fédéral sont insuffisantes, selon elle : « On parle en moyenne d'une année pour se rétablir d'un cancer. Moi, ça m'a mis dans une situation financière impossible. Si je n'avais pas eu de maison, je serais à la rue. Je l'ai réhypothéquée à trois reprises. »

Marie-Hélène Dubé a amassé 500 000 signatures dans une pétition qui a été déposée au Parlement à Ottawa. Rien n'a bougé depuis.

Contacté par Radio-Canada, le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, affirme qu'il n'a pas de commentaire à faire sur ce sujet. Il s'était pourtant commis lors d'une entrevue au Téléjournal Montréal avec Patrice Roy en 2016 en disant qu'il allait se pencher sur la question des 15 semaines.

En 2015-2016, le gouvernement fédéral a reçu environ 365 500 nouvelles demandes de prestations de maladie.

Lisez l'autre reportage de Marie-Ève Cousineau sur les coûts de la maladie chez les personnes qui ont des assurances : Être malade, ça coûte cher

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi