Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie Desrochers
Audio fil du jeudi 8 février 2018

Les soins dentaires sont-ils devenus un luxe?

Publié le

Des dentistes examinent un patient.
Des étudiants sous la supervision de dentistes de l’Université McGill offrent des soins dentaires gratuits à la Mission Bon Accueil.   Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

Selon l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), plus du quart des Québécois (27 %) se sont privés de soins dentaires en 2016 en raison du coût. Car au Québec, l'État ne rembourse que certains frais dentaires pour les enfants de moins de 10 ans et pour les assistés sociaux. Pour le reste de la population, conserver une bonne hygiène buccodentaire représente parfois tout un défi financier.

« L'accès aux soins dentaires est vraiment lié, malheureusement, au statut socio-économique », souligne Élise Bertrand, dentiste et présidente de l'Association des dentistes de santé publique du Québec.

Seulement quatre Québécois sur dix âgés de 45 ans et plus avaient une assurance dentaire l'an dernier, selon l'IRIS.

Au Canada, les soins de santé sont généralement gratuits. Mais les soins dentaires ne le sont pas. Pour Élise Bertrand, « ça a été un choix politique ». « Ça a été considéré comme des soins moins essentiels que les autres », dit-elle. « Mais plus ça va, plus on se rend compte que les soins dentaires sont importants et que ça a un impact sur la santé globale », ajoute la dentiste.

Faire des choix

Nathalie St-Pierre est la mère de deux enfants. Son conjoint et elle n'avaient pas d'assurance dentaire lorsque ce dernier s'est fait installer six couronnes au coût de 8000 $. Quelques mois plus tard, lors d'un match de hockey, il a reçu un coup de bâton au visage qui lui a cassé des dents et l'a obligé à subir de nouvelles opérations. « Ça a coûté, je crois, presque 8000 $ ça aussi! », s'exclame Nathalie St-Pierre.

Durant la même période, son fils a appris qu'il devait recevoir un traitement d'orthodontie au coût de 2500 $. « Dieu merci, on avait une marge de crédit! », lance, sourire en coin, Nathalie St-Pierre. La facture était salée et l'a obligée à faire des choix : « J'ai des plombages de mon enfance à entretenir. Mais je vais passer mon tour! Allons-y pour mon garçon! »

De grands besoins

Selon l'IRIS, près du quart des Québécois (24 %) ne sont pas allés chez le dentiste depuis trois ans ou plus, alors que cette proportion descend à 14 % dans le reste du Canada.

Pour aider les plus vulnérables, l'organisme Mission Bon Accueil de Montréal offre gratuitement des services dentaires aux personnes à faible revenu. Chapeautée par des dentistes et des étudiants de la Faculté de médecine dentaire de l'Université McGill, la clinique a prodigué des soins dentaires à plus de 3550 personnes durant l'année financière 2015-2016. La liste d'attente pour ce service est d'au moins six mois.

Chargement en cours