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La tapisserie du Dr Ferron

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

La tapisserie du Dr Ferron

Jacques Ferron dans les années 1960

Jacques Ferron dans les années 1960

Photo : Photothèque de Radio-Canada

Il y a un siècle naissait Jacques Ferron, qui allait plus tard devenir médecin, puis écrivain. Le Dr Ferron pratiquait à Ville Jacques-Cartier, une municipalité autrefois très pauvre qui fait aujourd'hui partie de Longueuil. Être médecin dans une communauté que l'on pourrait qualifier de bidonville, à une époque où l'assurance maladie n'existe pas, cela signifie soigner des gens qui n'en ont pas nécessairement les moyens. Mais le Dr Ferron n'était pas exigeant sur les modes de paiement. Dans la famille Chartrand, par exemple, quelques minutes à admirer une tapisserie, joyau familial, suffisaient amplement à couvrir ses honoraires.

Une tapisserie asiatique montrant plusieurs personnages faisant la file, sur un fond noir.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La tapisserie de la famille Chartrand

Photo : Luc Chartrand

Dans la maison des Chartrand, une magnifique tapisserie tissée à la main et provenant du Vietnam était suspendue au mur. Chaque fois que le Dr Ferron s’y rendait, il ne pouvait s’empêcher d’admirer l’œuvre d’art. Il prenait une chaise, il s’asseyait, avec sa pipe, et il disait à papa : "Le plus beau cadeau que tu peux me donner, c’est de la regarder, alors on va être quittes.", se rappelle Caroline Chartrand, qui était alors une enfant.

Son père avait acquis cette tapisserie d’un soldat français en échange d’un paquet de cigarettes, alors qu'il était militaire sur une base de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Brodée de fils de soie, elle représente une procession au temple à l’occasion du Nouvel An vietnamien. Jacques Ferron a vite saisi la richesse de cette œuvre. Il se désolait d’ailleurs de la voir pendre au mur sans aucune protection. Je me souviens de voir le Dr Ferron devant cette tapisserie, à la regarder, et mon frère l’a entendu dire à mon père qu’il ne pouvait pas laisser cette tapisserie prendre au mur, qu’il fallait qu’il la fasse encadrer, raconte Caroline Chartrand.

La tapisserie tant admirée par le Dr Ferron fait toujours partie du patrimoine de la famille Chartrand, maintenant bien protégée par un cadre et une vitre.

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