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Chez Lise, un refuge pas comme les autres

Le 15-18

Avec Karyne Lefebvre

En semaine de 15 h à 18 h

Chez Lise, un refuge pas comme les autres

Une dame âgée devant un immeuble percé de fenêtres et un panneau lumineux disant « Chez Lise Maison ».

Lise Bissonnette possède des maisons de chambres depuis 1971.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Depuis plus de 40 ans, Lise Bissonnette accueille dans sa maison de chambres de Longueuil les personnes marginalisées qui n'ont aucun autre endroit où vivre. Chez Lise, ce n'est pourtant pas un organisme communautaire. C'est une maison de chambres entièrement privée. Cela n'empêche toutefois pas Lise Bissonnette d'être très attachée à ses pensionnaires et de se préoccuper de leur bien-être, au point où elle a décliné toutes les offres de promoteurs qui voulaient acheter son commerce.

Chez Lise est probablement la plus grosse maison de chambres au Québec. Elle accueille 83 personnes réparties dans 4 bâtiments.

Ces pensionnaires sont, pour la plupart, des personnes qui vivent de l’aide sociale, qui ont des problèmes de santé mentale ou qui ont déjà été à la rue. On reçoit toutes les personnes qui sont mal prises, même si elles n’ont pas d’argent, indique Lise Bissonnette. On accueille les gens pour les aider le plus possible à retrouver la vie qu’ils souhaitent avoir.

Lorsqu’elle a lancé son entreprise, en 1971, jamais elle n’aurait cru qu’elle travaillerait, un jour, auprès de cette clientèle : Je me rendais que compte que des gens arrivaient avec des chèques d'aide sociale et que, rendus au cinquième jour du mois, ils n’avaient plus une cenne. Ils cognaient à ma porte pour demander quelque chose à manger. À partir de là, je me suis intéressée de plus en plus aux gens, surtout à leur santé mentale.

C’est ce qui a décidé Lise Bissonnette à adopter la formule chambre et pension et à offrir trois repas par jour à ses pensionnaires. Aujourd’hui, 19 personnes travaillent pour elle.

Une dame âgée à côté d'un présentoir sur lequel une multitude de clés sont accrochées.

Chez Lise accueille 83 pensionnaires.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Mais à 77 ans, elle doit penser à son avenir et à celui de sa maison de chambres. Elle ne peut se résoudre à voir Chez Lise fermer ses portes. Il y en a plusieurs qui n’auraient pas de place parce qu’ils sont refusés partout, s'inquiète-t-elle. Il y en a la moitié qui retournerait à la rue.

Elle estime que les ressources existantes pour personnes marginalisées ne conviennent pas à plusieurs de ses pensionnaires. C’est drastique pour eux de partir de dehors avec des amis comme eux et d’arriver dans un endroit où il faut se coucher le soir et se lever le matin, souligne-t-elle. Moi, ça ne me dérange pas de les laisser faire, tant que ça ne nuit pas aux autres.

Les pensionnaires de Chez Lise jouissent d’une liberté qu’ils ne retrouveraient pas ailleurs. Ils sont maîtres de leur vie et, s’ils veulent consommer de la drogue ou de l’alcool, ils peuvent le faire.

Lise Bissonnette espère donc que quelqu’un pourra, un jour, prendre sa relève.

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