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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Une bataille contre une usine de fumier qui pourrait aller en Cour suprême

Une pancarte disant « Bienvenue à Saint-Roch-de-Richelieu » et, juste à côté, une pancarte disant « Non usine à fumier ».

La Ville de Saint-Roch-de-Richelieu ainsi que des citoyens s'opposent à un projet d'usine de substrat sur leur territoire.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

L'entreprise Champag possède la plus grosse champignonnière du Québec, à Verchères. Elle produit, chaque semaine, 68 000 kg de champignons blancs, soit 15 % de tous les champignons frais qui sont consommés dans la province. Champag souhaite doubler sa production et, pour ce faire, elle veut construire une usine à Saint-Roch-de-Richelieu pour produire le substrat dans lequel les champignons poussent. Ce projet ne fait toutefois pas l'unanimité dans cette petite municipalité de la Montérégie. La cause pourrait même être bientôt entendue en appel.

Champag fait livrer du substrat de la ville de Windsor à son usine de Verchères; elle en reçoit neuf camions par semaine. En doublant sa production, elle en aurait besoin de 15 par semaine. C’est pour cette raison qu’elle souhaite fabriquer son propre substrat dans la région. D’autant plus que le substrat produit à Windsor utilise du fumier venant de Saint-Hyacinthe, une municipalité située dans la même région que Saint-Roch-de-Richelieu.

Le projet d’usine est évalué à 28 millions de dollars. Il créerait 25 emplois à Saint-Roch-de-Richelieu et 100 autres à la champignonnière de Verchères, qui compte déjà 140 employés.

La Ville de Saint-Roch-de-Richelieu et des citoyens s’opposent toutefois à la construction d’une usine de substrat dans un secteur agricole. C’est une usine, il n’y a rien d’agricole là-dedans, soutient le citoyen Patrick Ney. C’est une usine de fumier pour alimenter une champignonnière. Ça va rouler 365 jours par année et on va avoir des odeurs 365 jours par année.

Un des problèmes, c’est qu’on ne veut pas être dans une zone industrielle parce qu’on utilise l’air frais et on ne veut pas qu’il contamine notre substrat, explique de son côté le directeur de Champag, Agnesh Marsonia.

La cause a été portée devant les tribunaux, qui ont eu le mandat de trancher si le projet d’usine était de nature agricole ou industrielle. La Cour supérieure a d’abord donné raison à la Ville de Saint-Roch-de-Richelieu. L’affaire a ensuite été entendue en Cour d’appel, et c’est Champag qui a eu gain de cause cette fois. À ce que je sache, il n’y avait pas eu d’erreur de droit, affirme le maire de Saint-Roch-de-Richelieu, Alain Chapdelaine. La juge qui a permis l’appel a mentionné que, comme il n’y avait pas de jurisprudence, elle allait autoriser l'appel pour l’intérêt général.

Alain Chapdelaine espère que la Cour suprême se penchera sur la question, même si le processus judiciaire a déjà coûté plus de 200 000 $ à la petite municipalité de 2300 habitants. Celle-ci a d’ailleurs lancé une campagne de sociofinancement pour lui permettre de poursuivre la bataille judiciaire. C’est sûr qu’au bas mot, ça va être un autre 30 000 $ à 40 000 $ dans les prochains mois pour savoir si la cause va être acceptée en Cour suprême, précise Alain Chapdelaine. Si c’est le cas, on repart pour une autre bataille d’un an et demi et au-delà de 100 000 $ additionnels.

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