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Le 15-18

Avec Karyne Lefebvre

En semaine de 15 h à 18 h

Coronavirus : les dentistes, durement touchés par la crise

Deux femmes dans un cabinet de dentiste, les deux portant masque et visière, l'une dans une jaquette blanche et l'autre dans une jaquette jaune.

La chirurgienne-dentiste Natacha Michel (à droite) et son assistante Fadhila Guessad

Photo : Courtoise

De nombreux dentistes propriétaires s'inquiètent des pertes financières que la pandémie de COVID-19 entraînera pour eux. Ils anticipent une baisse de la clientèle, même lorsque la crise sera terminée.

De toutes les professions régies par un ordre professionnel, les dentistes sont ceux qui doivent investir le plus pour gagner leur vie. Ouvrir une clinique coûte plus d'un million de dollars en équipement seulement, sans compter le loyer ou l’hypothèque. La baisse de la clientèle engendrée par la pandémie leur fait donc particulièrement mal.

Le tiers des dentistes du Québec travaillent dans une clinique qui ne leur appartient pas. Ils versent une portion de leurs revenus au propriétaire. Ces dentistes ont droit à la Prestation canadienne d’urgence (PCU), mais pas leurs collègues qui sont propriétaires. Présentement, il n’y a aucune aide qui leur est offerte, comme pour la majorité des PME, déplore le président de l’Association des chirurgiens-dentistes du Québec, Carl Tremblay. Les seules aides sont les aides gouvernementales de différents prêts. Ça peut aider à passer à travers la crise en matière de liquidités, mais à la fin de la crise, les propriétaires de ces cliniques dentaires, comme les autres propriétaires de PME, vont se retrouver beaucoup plus endettés qu’avant.

Les dentistes continuent de traiter les cas urgents, mais ils suffisent rarement à rentabiliser les activités de la clinique. Économiquement, ce n’est pas intéressant de le faire, affirme la chirurgienne-dentiste Natacha Michel. Et les employés, si tu les fais travailler, il y a des conséquences pour leur assurance-emploi. Il faut que les employés soient aussi capables de vivre.

Elle ajoute que les protocoles d’hygiène à suivre alourdissent beaucoup le travail. Les dentistes ont dû s’équiper en conséquence. Visières, bonnets, masques N95, jaquettes… Ça prend tout un équipement, indique Natacha Michel.

Les dentistes demandent à avoir droit à la PCU, même s’ils traitent des patients en urgence. Ils ont aussi lancé une pétition pour demander aux compagnies d’assurances d’honorer leurs contrats. Plusieurs dentistes propriétaires ont souscrit à une assurance commerciale pour interruption d’affaires, mais certains assureurs refusent de leur verser la prime prévue.

Les dentistes redoutent aussi la baisse de clientèle qui s’annonce pour les prochains mois, même lorsque les mesures de confinement seront levées. Si tu as été sur le chômage pendant six mois, si tu as perdu ton travail, le dentiste, ça peut ne plus être une priorité pour toi, souligne Natacha Michel.

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