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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

La fumée, ennemie insoupçonnée des pompiers

Des pompiers avancent dans la fumée.

Des pompiers à l'entraînement

Photo : Radio-Canada / Denis Gervais

L'an dernier, au Service de sécurité incendie de Montréal, cinq pompiers sont morts de maladies professionnelles. Ces maladies ont toutes une cause commune : la fumée respirée par les combattants du feu.

Le président de l’Association des pompiers de Montréal, Chris Ross, mentionne que les incendies ont beaucoup changé au cours des années : Les fumées qu’on connaît aujourd’hui, ce n’est pas la même chose que ce qui existait il y a 20 ou 30 ans. À cette époque-là, ce qui brûlait, c’était surtout du papier, du carton et du bois. Aujourd’hui, il n’y a rien autour de nous qui n’a pas une composante chimique.

Chris Ross ajoute que ces composantes chimiques vont jusqu’à être absorbées par la peau au contact de la fumée.

Les pompiers disposent aujourd'hui de masques pour se prémunir des vapeurs toxiques, mais pendant longtemps, cette pièce d’équipement a été sous-utilisée. Je me souviens que quand je suis sorti de l’école, je voulais mettre mon masque tout le temps, raconte le pompier Martin Salois. Un moment donné, je suis intervenu pour un feu d’automobile, ce qui est hyper toxique. Je suis sorti avec mon masque et je me suis fait dire : "Pas besoin de mettre ça! Tu l’attaques avec le vent dans le dos et il n’y a pas de problème!" Alors, j’ai arrêté de le mettre.

Il ajoute qu’à l’époque, la Ville de Montréal n’avait pas de compresseur pour remplir les cylindres des masques et que c'est une ressource externe qui s'occupait de cette tâche. Il était donc de bon ton d’utiliser cet équipement avec parcimonie.

Plus tu étais capable de travailler dans un environnement malsain sans ton appareil, mieux c’était. Mais c’était complètement ridicule.

Martin Salois, pompier

Martin Salois est en arrêt de travail depuis 2016. Il souffre d’un cancer des poumons causé par son métier. À tous les pompiers qui débutent dans leur carrière, il conseille de suivre les directives en matière de santé et de sécurité et de ne pas hésiter à se servir de l’équipement de protection mis à leur disposition.


Heureusement pour lui, quelques mois avant son diagnostic, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) venait d’élargir sa liste de maladies professionnelles liées au métier de pompier. Son cancer a donc été officiellement reconnu comme une maladie causée par son travail.

De son côté, le président de l’Association des pompiers de Montréal, Chris Ross, affirme que le syndicat a fait beaucoup de sensibilisation pour inciter les pompiers à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger leur santé.
Il ajoute que des procédures de décontamination ont été mises en place pour que les pompiers puissent se débarrasser le plus possible des matières toxiques qui les recouvrent dès qu’ils reviennent à la caserne après avoir combattu un incendie.

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