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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Détresse à Sainte-Marthe-sur-le-Lac : « On est détruits par en dedans »

Audio fil du lundi 28 octobre 2019
Une maison délabrée de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Une maison sinistrée de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Photo : Radio-Canada

Six mois après les inondations qui ont fait des centaines de sinistrés à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, des familles s'apprêtent à affronter l'hiver dans des maisons craquées de partout. Plusieurs d'entre elles attendent encore de savoir si elles seront indemnisées ou si elles devront démolir leur maison.

On devient tellement exaspérés que, des fois, on a juste le goût d’en finir. Jean-Guy vit dans une maison fissurée de partout. Il doit la chauffer avec une chaufferette au propane. Pendant deux mois, le père d’une fille sourde et d’un garçon autiste a dû utiliser la salle de bain de ses voisins pour laver ses enfants et leur permettre d’aller à la toilette.

Comme lui, plusieurs sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac sont au bout du rouleau. Je suis drainée, raconte Kim. Ce n’est pas beau ce qui se passe en moi. Je pleure au travail, je dois me cacher dans les toilettes. Je ne vais pas bien financièrement et je ne vais pas bien émotivement.

Pourtant, ce ne sont pas les ressources qui manquent dans la petite municipalité : en matière de durée et en regard du nombre de personnes déployées, ce serait le théâtre de l'un des plus importants déploiements d'intervenants psychosociaux jamais vus au Québec.

Déjà, plus de 250 personnes ont consulté les professionnels sur place, et le téléphone ne dérougit pas depuis quelques jours. Selon le directeur du programme de santé mentale, de dépendance et de services psychosociaux au Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides, Mario Jarquin, les troubles psychologiques dont souffrent certains citoyens sont variés : dépression, anxiété, insomnie, conflits de couples, etc.

Comme la situation ne s’améliore pas sur le plan matériel, qui a une incidence sur la santé psychologique des gens, ce sont environ 1600 personnes que nous allons appeler d’ici deux semaines pour leur demander si elles ont besoin de nous, précise-t-il.

Pendant ce temps, des sinistrés déplorent l’absence et le silence des politiciens. Ils leur demandent de revenir à Sainte-Marthe-sur-le-Lac pour constater la détresse qui y sévit. Les deux premières semaines, il y avait beaucoup de gens, on s’est vraiment sentis appuyés, souligne une citoyenne. Personne du gouvernement n’est revenu après. On a le sentiment qu’ils étaient là pour les Kodaks. C’est long, attendre, quand on a juste la moitié d’une maison.

Sylvie Béchard, une autre sinistrée, abonde dans le même sens : Les maisons sont détruites, et nous, on est détruits par en dedans. Ça serait bon qu'ils viennent le constater sur place.

Les sinistrés qui vivent de la détresse sont invités à composer le 811.

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