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Isabelle Richer
Audio fil du vendredi 5 juillet 2019

Des intervenants sociaux spécialisés en agriculture sillonnent les rangs du Québec

Publié le

Une jeune femme dans un champ.
Vicky Beaudoin, travailleuse de rang à l’organisme Au coeur des familles agricoles, couvre à elle seule la région de la Montérégie.   Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

La détresse psychologique chez les agriculteurs est bien documentée, mais il y a peu de ressources pour ces personnes aux horaires atypiques. Il existe dans la province neuf travailleurs de rang, des intervenants sociaux spécialisés en agriculture qui parcourent la campagne québécoise pour venir en aide aux producteurs agricoles en détresse.

C’est grâce à l’un de ces travailleurs de rang que l’agriculteur Francis Desrochers a réussi à retrouver la joie de vivre : J’avais mon entreprise avec mon père, mais, un moment donné, il y a eu une chicane familiale. J’ai consulté et je me suis remis sur la bonne voie.

Que ce soit la météo, les guerres commerciales, l'endettement, la fatigue ou les problèmes familiaux, les sources de stress sont multiples quand on gère une ferme. C’est ce que confirment les travaux de la doctorante en psychologie communautaire Ginette Lafleur, qui a sondé les agriculteurs pour connaître leurs états d’âme. Ce n’est pas une population en bonne santé psychologique, affirme-t-elle.

Il est important que les agriculteurs puissent avoir accès à des spécialistes qui connaissent bien leur milieu, selon Francis Desrochers. On dirait [que les intervenants habituels] ont de la misère à comprendre notre réalité, dit-il. On vit des stress que les autres ne peuvent pas vivre.

Le problème, c’est que 9 travailleurs de rangs pour les 30 000 fermes du Québec, ce n’est pas assez, selon la députée solidaire Émilise Lessard-Therrien. Elle estime qu’il en coûterait moins d’un million de dollars pour doubler les effectifs. C’est vraiment une goutte d’eau qui peut améliorer les choses, soutient-elle.

La travailleuse de rang Vicky Beaudoin aimerait bien avoir un collègue pour l’épauler. Membre de l’organisme Au cœur des familles agricoles, elle couvre à elle seule toute la Montérégie et peine à répondre à la demande. La mission de l’organisme, c’est de répondre aux demandes dans les deux premières semaines, explique-t-elle. Présentement, c’est difficile, et je n’ai pas de temps pour faire de la prévention, qui est aussi une mission de notre organisme.

L’avantage des travailleurs de rang est qu’ils vont à la rencontre des agriculteurs sur leur lieu de travail. Les ressources traditionnelles sont rarement adaptées aux horaires atypiques du milieu agricole, selon la coordonnatrice du Service de santé et de sécurité du travail à l’Union des producteurs agricoles, Marie Ménard. Tu ne peux pas reprocher à un producteur agricole de prendre soin de ses animaux, et il faut que, quand il a fini de prendre soin de ses animaux, il puisse avoir accès à des services, précise-t-elle.

Le bureau de Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, précise que les services d'aide psychologique offerts aux agriculteurs font présentement l'objet d'une analyse et que la ministre est ouverte à accroître l’offre.

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