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Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du vendredi 14 juin 2019

Enfants prématurés : ces pères qui cachent leurs émotions

Publié le

Des petits pieds de bébé.
Un bébé prématuré.   Photo : iStock

Plusieurs pères d'enfants prématurés disent ressentir une certaine pression qui les pousse à ne pas montrer leur peine et à projeter une image d'homme fort. Or, eux aussi vivent de la détresse.

C’est sûr qu’il faut que je cache mes émotions. C’est arrivé deux fois que je sois allé me cacher pour pleurer. Je ne voulais pas que ma blonde ait à s’occuper de moi. Simon Flamand est le père de sept enfants, dont une petite fille prématurée qui est toujours hospitalisée à Montréal. Pour cet habitant de Manawan, réserve amérindienne qui se trouve à quatre heures de route de Montréal, la vie quotidienne est tout un casse-tête. La vie doit continuer, dit-il. Il faut faire le lavage, il faut faire à manger. C’est papa qui fait ça à la place de maman maintenant. C’est beaucoup de travail.

Simon Flamand souhaite alléger le plus possible la vie de sa conjointe, qui passe toutes ses journées à l’hôpital auprès de leur fille : On se sent un peu impuissant dans des situations comme ça. Tu vois ton enfant, mais tu ne peux pas vraiment la prendre et t’occuper d’elle comme tu le veux. J’ai décidé de m’occuper plus de la maman.

Hugo Lacombe doit lui aussi faire preuve d'organisation au quotidien. Pendant que sa conjointe est au chevet de leur fille prématurée, il doit fréquemment retourner à leur domicile de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue. Il faut s’occuper du loyer à Rouyn-Noranda, des véhicules, des repas, de l’épicerie, explique-t-il. J’avais des cours à terminer, car je suis aux études. Il faut aussi faire les démarches pour obtenir les aides financières.

Le rôle des pères est primordial, souligne Marie-Eve Loiselle, infirmière en néonatalogie au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. Selon elle, c'est presque la norme de voir des pères qui cachent leurs émotions devant la mère. On voit les papas qui vont s’oublier et qui vont laisser la maman vivre ses émotions, affirme-t-elle. C’est intéressant de prendre le temps d’aller discuter avec les papas aussi.

Heureusement, la perception du rôle des parents évolue, et elle est loin de celle qui prévalait il y a quelques années. La coordonnatrice de l'unité de néonatalogie du CHU Sainte-Justine peut en témoigner puisqu'elle a elle-même donné naissance à un bébé prématuré il y a plusieurs années. Le bébé appartenait à Sainte-Justine, raconte-t-elle. Donc, l’équipe prenait en charge le bébé et, nous, les parents, nous étions des visiteurs à son chevet. C’était comme nous introduire dans la bulle des soignants. Ce n’était pas un combat, mais c’était comme s'il fallait toujours justifier notre présence.

Pour l’avenir, elle souhaiterait que les pères aient droit à un plus long congé de paternité lorsqu’ils ont un enfant malade ou prématuré.

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