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Annie Desrochers
Audio fil du vendredi 7 juin 2019

Ces personnes qui ne peuvent s’empêcher d’accumuler

Publié le

Un petit appartement rempli d'objets divers empilés les uns sur les autres qui couvrent presque tout le plancher.
Daphné respire maintenant un peu mieux dans son appartement, mais il contient encore beaucoup d’objets.   Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Quatre personnes sur cent souffrent d'un trouble d'accumulation compulsive (TAC). Il s'agit d'un trouble mental qui amène les personnes à accumuler des objets et à encombrer leur milieu de vie de façon malsaine. Même si l'on ne guérit jamais complètement d'un TAC, il y a moyen d'en diminuer les effets négatifs.

Daphné en est la preuve. Il y a quelques années, son petit appartement était encombré du plancher au plafond. Le seul espace de vie qui lui restait était son lit. J’ai toujours su que j’en accumulais trop, raconte-t-elle, et je n’étais pas heureuse là-dedans, ça me stressait.

Avec l’aide d’une intervenante sociale, elle a réussi à se départir d’une partie des objets qui remplissaient son appartement. Je me sens bien, je suis fière de moi, dit-elle. C’est vraiment une renaissance.

Se débarrasser d’objets est un pas de géant pour une personne qui a un TAC. Pour les accumulateurs, le fait de se départir d’un objet va être extrêmement souffrant », explique Anne-Julie Roy, directrice des services externes de la Maison grise de Montréal. « Ils vont avoir beaucoup de justifications pour garder leurs objets.

Pour Daphné, toutes les raisons sont bonnes pour conserver tous les objets qu'elle possède : c’est encore bon, c’est de la récupération, ça peut être utile, etc.

Toutefois, ces objets servent surtout à combler un vide en elle. Comme pour la plupart des personnes qui souffrent d'accumulation compulsive, Daphné a eu un autre problème de santé mentale. Dans son cas, c’était l’anorexie : J’ai toujours un sentiment d’un grand vide intérieur et je pense que les objets compensent ce vide, cette carence affective. J’ai arrêté de sentir mon ventre vide au fur et à mesure que je remplissais ma chambre.

Daphné respire maintenant un peu mieux dans son appartement, mais il contient encore beaucoup d’objets. Selon Anne-Julie Roy, on ne guérit jamais complètement d’un TAC. C’est possible de vivre avec un trouble d’accumulation compulsive et d'en diminuer les conséquences, indique-t-elle. Ce sont des personnes qui ne seront jamais bien dans des milieux complètement épurés, zen. Elles ont besoin d’être entourées d’objets, ça les sécurise.

Le trouble d'accumulation compulsive touche autant les hommes que les femmes et une personne sur deux qui en souffre a un parent qui a le même trouble.

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