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Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du lundi 20 mai 2019

Des cours de cuisine attikamek et un projet de bistro autochtone à Joliette

Publié le

Une cuisine rudimentaire dans laquelle on voit plusieurs louche accrochées au mur, des boîtes de conserve sur un comptoir et un panier de pain plat.
De la banique, un pain traditionnel autochtone   Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

La cuisine attikamek est une tradition qui est en train de se perdre. Le Centre d'amitié autochtone de Lanaudière, en collaboration avec la Commission scolaire des Samares, a décidé de se porter à la rescousse de cette activité ancestrale en offrant des cours de cuisine traditionnelle aux jeunes de la Première Nation attikamek. Il espère également pouvoir ouvrir un bistro autochtone à Joliette.

Dix-huit femmes se sont inscrites à ces cours. « J’aime ça cuisiner, j’aime ça découvrir d’autres recettes, mais mon but, c’est d’introduire ma culture dans la cuisine », affirme l’une des participantes.

Comme les recettes autochtones se transmettent essentiellement par la tradition orale, il existe peu de traces écrites des techniques culinaires ancestrales des Attikameks. La sous-chef autochtone Odette Dubé affirme se souvenir très bien des recettes que lui a montrées sa kokom, sa grand-mère. Mon pain maison, c'est ma kokom qui m'avait montré ça, indique-t-elle. Je n'ai pas la recette écrite, mais j'ai toujours ça dans ma tête.

Tous n’ont toutefois pas eu la même chance qu’Odette Dubé. La cuisine traditionnelle attikamek se transmet de moins en moins au fil des générations, selon l’agente culturelle autochtone Sabrina Paton. J’ai demandé à plusieurs des femmes qui faisaient le cours si elles pouvaient me faire de la banique, et la majorité ne savait pas comment la cuisiner, dit-elle.

Les cours seront donc l’occasion pour ces femmes autochtones de renouer avec la cuisine traditionnelle de leur nation. Mais au-delà des traditions, ils leur permettront aussi d’apprendre les techniques de base de la cuisine, comme l’explique Sabrina Paton : La plupart des femmes qui font leur formation n’avaient pas vraiment de contexte culinaire. Donc, en ce moment, elles sont à la base : ce qui est bon pour la santé, comment on cuisine, c’est quoi la chimie de la cuisine. On veut les diriger vers une sécurisation culturelle. Et on veut arriver finalement à une cuisine fusion, donc faire de la nourriture traditionnelle, mais avec une saveur plus moderne, tout en gardant l’héritage et la tradition.

Car la cuisine attikamek n’est pas toujours en phase avec les tendances actuelles. C'est beaucoup de shortening, de beurre, de patates, souligne le directeur général par intérim du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière, Éric Labbé. Donc, il ne faut pas perdre le goût, mais il faut rendre ça moins gras. Et il faut qu’il y ait plus de légumes.

Depuis quelques semaines, une cheffe a la mission de rassembler, d’adapter et de mettre sur papier certaines recettes attikameks. Un livre de cuisine pourrait en émerger.

Et si tout va bien, dans un peu plus d'un an, le Centre d'amitié autochtone de Lanaudière ouvrira à Joliette son propre bistro. Les finissantes du cours de cuisine auront alors le mandat de faire découvrir la cuisine attikamek aux clients.

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