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Annie Desrochers
Audio fil du jeudi 14 mars 2019

Découvrez le patrimoine bâti près de chez vous

Publié le

Montage montrant des photos de différents bâtiments patrimoniaux : une église, deux maisons canadiennes et un collège.
Le Grand Montréal est riche en patrimoine bâti.   Photo : Radio-Canada

Vous passez peut-être devant eux sans les apercevoir, tant ils font partie du paysage. Ils ont pourtant une grande valeur historique ou architecturale, bien souvent insoupçonnée. On dénombre plus de 400 immeubles patrimoniaux dans le Grand Montréal. Découvrez ceux qui se trouvent près de chez vous et apprenez pourquoi ils font partie du club sélect des bâtiments protégés.

Un texte de Catherine Contant

Voici une carte illustrant l’emplacement des immeubles du Grand Montréal inscrits au Registre du patrimoine culturel du Québec. Ces bâtiments sont protégés en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Note : toutes les données de la carte, y compris les textes, proviennent du Registre du patrimoine culturel du Québec, qui est tenu par le ministère de la Culture et des Communications.

Différents aspects sont pris en considération pour déterminer l’intérêt patrimonial d’un édifice. Il peut s’agir d’un bâtiment ayant une valeur archéologique, architecturale, artistique, emblématique, ethnologique, historique, paysagère, scientifique ou technologique.

Voici quelques exemples de bâtiments patrimoniaux reconnus pour différents types de valeur :

Valeur archéologique : une église qui cache un château fort

Un bâtiment d’apparence anodine peut parfois en cacher un autre, chargé d’histoire. C’est le cas de la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue, à Longueuil. L’église a été érigée en 1884 sur le site d’un ancien château fort construit au tournant du 18e siècle par Charles Lemoyne, deuxième seigneur de Longueuil. En 1971, lors de travaux de voiries, des fouilles archéologiques ont mené à la découverte des vestiges du château fort, dont la base d’une tourelle. En plus d’être inscrite au Registre du patrimoine, la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue fait partie de l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

Montage montrant une illustration en noir et blanc d'un château en ruines à gauche et la photo de la façade d'une église à droite.
Illustration du château fort de Charles Lemoyne par John Drake (à gauche) et co-cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue (à droite)   Photo : Claude Bergeron/Ville de Longueuil (photo de droite)

Valeur architecturale : un immeuble résidentiel en béton, ce « matériau du futur »

Si aujourd’hui les structures de béton peuvent sembler d’une banalité ennuyeuse, elles étaient au contraire révolutionnaires au début des années 1900. L'édifice Joseph-Arthur-Godin, du nom de l’architecte qui l’a conçu, est l’un des rares exemples d'architecture résidentielle en béton du début du 20e siècle en Amérique du Nord. Ce n’est qu’à partir de 1910 que l’utilisation du béton en architecture s’est répandue au Québec. Et encore, le béton n’était alors utilisé que pour les œuvres d’ingénierie (ponts, aqueducs, tunnels, etc.) et les bâtiments industriels. C’est pourquoi l’édifice Joseph-Arthur-Godin, un immeuble résidentiel fait de béton et construit en 1914, présente un si grand intérêt architectural. C’est aussi l’un des rares immeubles à logements montréalais datant d’avant la Première Guerre mondiale.

Un grand immeuble blanc percé de nombreuses fenêtres.
L'édifice Joseph-Arthur-Godin   Photo : Luc Brunelle/ministère de la Culture et des Communications du Québec

Valeur artistique : une église-musée

Parfois, ce sont les œuvres qui ornent un bâtiment qui en font un joyau patrimonial. L’église de Saint-Raphaël-Archange, à Montréal, est un exemple de bâtiment ayant une grande valeur artistique. Parmi les nombreuses œuvres qui l’agrémentent, on compte une peinture d'Antoine Plamondon représentant les adieux de l'archange Raphaël à la famille de Tobie, le tableau L'apothéose de Jeanne d'Arc, du peintre Ozias Leduc, et une œuvre de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté représentant l'apparition du Sacré-Coeur à sainte Marguerite-Marie.

Une église en pierre grise à deux clochers.
L'église Saint-Raphaël-Archange, à Montréal Photo : Radio-Canada/Stéphanie Dupuis

Valeur historique : l’une des premières écoles

L’école de fabrique de Sainte-Marguerite-de-Blairfindie est l’un des rares témoins de la mise en place d’un premier réseau scolaire au Bas-Canada. Dans les années 1600 et 1700, il existait peu d’écoles au Québec. Seules quelques institutions religieuses ou tenues par des particuliers assuraient l’éducation des jeunes. En 1824, une loi a été votée pour permettre aux paroisses de fonder des écoles primaires sur leur territoire. Sept ans plus tard, le curé de la paroisse Sainte-Marguerite-de-Blairfindie, aujourd’hui sur le territoire de Saint-Jean-sur-le-Richelieu, a fait construire une école pour jeunes filles, qui existe encore aujourd’hui, mais qui sert désormais de résidence privée.

Un vieux bâtiment en pierre.
L’école de fabrique de Sainte-Marguerite-de-Blairfindie   Photo : Annie Tétreault/ministère de la Culture et des Communications du Québec

Valeur technologique : le plus vieux moulin

Depuis sa construction, en 1762, le moulin Légaré n’a jamais cessé de moudre le grain. Cela en fait le plus vieux moulin à farine actionné par l’eau à être encore fonctionnel au Canada. Son mécanisme date de 1849, année où la traditionnelle roue à aubes a été remplacée par trois turbines. Le moulin de Saint-Eustache est aujourd’hui un centre d’interprétation sur les méthodes artisanales de production de la farine.

Un grand bâtiment blanc aux portes et fenêtres rouges près d'un cours d'eau.
Le moulin Légaré   Photo : Isabelle Huppé/ministère de la Culture et des Communications du Québec

Qui protège ces bâtiments?

Il existe deux types de statuts pour les immeubles patrimoniaux : ceux qui sont classés (en rouge sur la carte) et ceux qui sont cités (en orange sur la carte).

Un bâtiment classé signifie qu’il est placé sous la protection de la ministre de la Culture. C’est elle qui lui accorde son statut et qui veille à ce que sa valeur soit préservée.

Un bâtiment cité bénéficie de la même protection, mais c’est le conseil municipal de la ville où il se trouve qui en est responsable. Toutes les municipalités du Québec ont le pouvoir de citer des immeubles sur leur territoire.

Seulement 400 bâtiments protégés?

Peut-être vous dites-vous que 400 bâtiments protégés dans le Grand Montréal, c’est peu compte tenu de l’histoire de la région? Sachez que plusieurs autres édifices bénéficient d’une forme de protection.

D’abord, le gouvernement fédéral a sa propre liste de lieux historiques nationaux mis en valeur à des fins de commémoration. Dans le Grand Montréal, on compte le fort Chambly, la maison de sir Wilfrid Laurier à Saint-Lin-Laurentides et le Lieu historique national du Commerce-de-la-Fourrure-à-Lachine, entre autres.

Ensuite, certains bâtiments, sans avoir eux-mêmes un statut légal, se trouvent sur des sites patrimoniaux dont la valeur est reconnue par la loi. C’est notamment le cas des bâtiments du Vieux-Montréal, qui est un site patrimonial déclaré, donc inscrit au Registre. Les immeubles se trouvant sur un site patrimonial sont automatiquement protégés de toute altération, mais seulement en ce qui concerne leur aspect extérieur, l’intérieur n’étant protégé que si l’édifice est cité ou classé.

Et les autres?

Au-delà des immeubles inscrits au Registre du patrimoine, une multitude de bâtiments présentent un intérêt patrimonial sans que leur importance soit officiellement reconnue par la loi. Depuis les dernières années, plusieurs municipalités ont fait l’exercice d’inventorier les joyaux patrimoniaux sur leur territoire. Certaines d’entre elles se sont même dotées de lignes directrices pour protéger ces bâtiments. Malheureusement, sans statut juridique, ces immeubles demeurent vulnérables et plusieurs sont laissés à l’abandon ou sont menacés de destruction. C’est ce qui est arrivé à la maison Boileau, à Chambly. La municipalité l’avait répertoriée comme ayant un intérêt patrimonial, mais en l’absence de statut légal, rien ne contraignait son propriétaire à l’entretenir et à préserver sa valeur. En raison de son état avancé de dégradation, la Ville de Chambly a procédé à sa démolition, le 22 novembre dernier.

Les informations sur les bâtiments cités en exemples dans ce texte proviennent du Registre du patrimoine culturel du Québec.

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